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MessageSujet: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/! nc-17]   Mer 18 Déc - 19:51


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Mars 1975



Nicholaus Rosenhirsh, c’était avant tout cette silhouette drapée de noir à la tête couronnée de cheveux blonds qu’il avait pu croiser certaines fois au Ministère. C’était cet homme blafard comme une pleine lune, silencieux et consciencieux, un Oubliator d’élite qui passait après l’unité de capture, pour les restes. Il en avait presque finit par oublier son visage quand le hasard vint les recroiser. Et que Lorgan prit réellement conscience de sa voix autrepart que sur un terrain, tout deux occupés avec leurs unités respectives. Au moins était-il certain d'avoir face à lui un professionnel. Ne manquait plus que l'homme.

Nous étions alors en 1975. Deux ans plus tôt, il était entré au Ministère et d’un même mouvement, son père s’était faite une place chez les Mangemorts. Deux ans plus tôt Lorgan avait assisté à leur sarabande sans en prendre le partie d’action, témoin attentif et presque conquit, mais trop occupé à reprendre enfin un complet contrôle sur ses « sautes d’humeur » pour chercher à mieux s’impliquer. Et mine de rien, il y tenait à son travail. Mais le garçon attentif s’était laissé entrainer par les paroles encourageantes de son paternel et prédécesseur. Théophile Nott avait donc eut la fierté et la possibilité de pouvoir s’élancer dans la nuit, à l’abattoir à moldus, en compagnie de son fils. Et Lorgan avait aimé ça, de pouvoir lancer l’avada sur autre chose que des bêtes, d’entendre les cris de douleur d’un humain plutôt que d’un elfe de maison. Mais en lui, la satisfaction recherchée ne durait jamais longtemps. Et il s’était souvent retrouvé le soir, seul face à lui-même, les mains tremblantes de meurtre, cherchant dans son esprit la cause de ce manque intrusif, et le trouvant dans le fait qu’un assassinat toléré et accepté par un grand nombre perdait presque entièrement de sa richesse à ses yeux. La chose en lui, la chose qui contrôlait ses sautes d’humeur, cette chose sans nom et sans visage qui n’était qu’une poussée demandait bien plus. Quelque chose que Lorgan n’était pas encore prêt à lui accorder. Car si la poussée était vorace, son appétit était contrôlé par la société alentour.

Et certaines choses ne se faisaient pas. Pas encore.

Alors Lorgan s’était contenté de ces chasses nocturnes, de son travail, avait noué des chaines autour de cette poussée. S’était efforcé de trouver d’autre palliatif pour mieux se contrôler. L’âge aidant, il était presque devenu bon joueur, bon comédien.

Enfin. Jusqu’à ce que Nicholaus Rosenhirsh se rapproche. Jusqu’à ce qu’il ouvre sa bouche aussi rouge que du sang de chouette pour lui parler, à lui. De quelques mots en rafales qui démontraient bien qu’il n’y était pas habitué. Avec cet air guindé de l’homme autrefois timide et aujourd’hui juste cerné. Lorgan avait observé tout cela, l’homme face à lui et l’ordre de mission entre eux. Et la poussée avait répondu présente, titillant et grésillant comme un essaim d’insectes à l’affut d’une prise. Nicholaus Rosenhirsh ne l’avait pas intéressé tout de suite au niveau que nous connaissons aujourd’hui. Les choses avaient bien du commencer quelque part.

Et elles avaient trouvé un point de départ tout à fait convenable, en Roumanie.

C’était en mars 1975. Comme il se souvenait...

N’ayant jamais eut l’occasion de partir à l’étranger par des moyens confortables, Lorgan avait expérimenté le train avec une curiosité un peu mal à l’aise. Les muscles crispés sous les cahots des rails. Reniflant le cuir et la trace des autres comme un chien dans un nouvel environnement. Nicholaus et lui n’avaient pas du tout parlé (chose qui changerait dès ce soir, lorsqu’ils seraient posés dans un environnement stable, ce qui leur faisait cruellement défaut). Et Lorgan avait finit par s’isoler dans un wagon fenêtres pour observer le paysage extérieur et les rafales de neige, plus traitresse et mordante qu’en Angleterre. Il avait vu dans l’univers décharné de ce qui avait laissé place à l’Europe de l’Est un auto-portait intéressant. Des forêts noires, des montagnes noires, des étendues d’eau glacées comme les crocs d’un quelconque animal.

Le désert du trajet lui avait semblé aussi antipathique et sauvage que la vision d’un Sombral. Et il avait aimé la manière dont le vent hurlait sous le passage du train, comme coupé en deux.

Le froid leur était tombé dessus à la sortie. Malgré les capes réchauffées de sortilèges, et les passe-montagne, la tempête faisait rage dans ce bourg sorcier semblable à un Pré-au-Lard, au nord de la ville moldue Tirgu-Mures. Des créatures ressemblant à un croisement entre un grizzly et un troll leur avait pris les bagages pour mieux les conduire à l’hôtel sous lequel Lorgan avait effectué leur réservation, avec des faux-noms. Aux yeux de la plèbe, ils n’étaient que deux naturomages venus dans le but de poursuivre leur recherche sur les Furies des Hauteurs, une espèce d’oiseau semblable aux vélanes qui vivaient retranchées dans les forêts profondes du nord de la Roumanie.

Leur mission, bien évidemment, n’avait aucun rapport avec cela.

L’hôtel leur avait confié les clés de deux chambres mitoyennes. Ce n’était certes pas un palace, et il n’y avait pas d’elfe de maison personnel pour les clients, mais c’était assez convenable pour que Lorgan ne s’y attarde pas trop. De toute façon, il n’était plus simplement sang-pur ici. Il était avant tout un mangemort. Il avait donc laissé passer le crépuscule pour s’offrir une douche brulante. Réunir ses notes et ses fiches. Avant de franchir le salon mitoyen et taper à la porte du Rosenhirsh. Deux coups secs, et il s’était efforcé de contenir sa frustration à attendre l’obtention d’une autorisation d’accès, lui un sang-pur et l’autre, un vulgaire sang-ordinaire. Et pourtant, paradoxalement, cela avait été simple.

Parce que Rosenhirsh n’était pas tranquille, et ça Lorgan le flairait aussi bien que la peur chez une personne. Rosenhirsh était méfiant, et son regard bleu acéré ne cessait d’aller et venir sur les choses. Sa tête, comme celle d’un hibou tournoyait parfois follement pour observer son quotidien, comme dans l’attente d’une mauvaise chose. Lorgan aurait voulu lui dire que tout cela était bien inutile. La pire chose ici, étant lui-même. Au lieu de ça, il s’était contenté d’être calme. Et de ne pas laisser le dégoût se faire sentir dans son regard tranquille.

Un bloc de marbre soumit à un océan un peu trop agité. Voilà l’impression que cela lui laissait. Et ce n’était pas si désagréable.

Il était donc entré dans la chambre vers 20h. Et ils avaient dînés ensemble devant les fiches étalées sur la grande table. Maintenant l’horloge sonnait 23h. Et Lorgan était debout, une carte s’étalant devant ses yeux attentifs. Les plats et assiettes déjà disparus sous le claquement de doigt d’un elfe invisible. Il commentait.


« Le Voronwë préfère les hauteurs. La superficie de la zone protégée sorcière fait plus de 20 kilomètres et encercle surtout ces points de hauteur, ici, et ici. C’est en ces deux points principalement que nous pourrons le débusquer. Il n’est pas précisé dans les manuels naturalistes quelles sont ses habitudes. Mais les théories concordent sur le fait que ce n’est pas un animal diurne. Ce qui nous rendra plus exposé à une attaque des gardes de ce. Zoo. »


Une mèche effleura son regard vert. Il ne se permit pas même une pensée sur le fait que l’artefact détenu par le Lord en personne aurait pu grandement les aider dans cette mission. Premièrement parce qu’il n’était stupide au point de croire que le Seigneur des Ténèbres leur ferait confiance à ce point. Deuxièmement parce que la chasse l’excitait.

Son bras frôla légèrement celui du Rosenhirsh et il s’éloigna sans y penser, plus occupé à leur plan qu'à leur proximité.


« Mon idée est celle-ci. Nous possédons une malle sans fond. Nous la miniaturisons. Une fois l’animal débusqué, nous le stupéfixions et nous l’immobilisons. Nous l’enfermons dans la malle, et nous transplanons aussitôt à Bucarest pour reprendre le direct londonien avant la tombée de la nuit. Et si les gardes nous attaquent. »


Un sourire froid ourla ses lèvres.

« Eh bien. Ils manqueront sincèrement de chance. Mais vous serez là pour vous en occuper. »




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Dernière édition par Lorgan B. Nott le Sam 17 Mai - 21:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Sam 11 Jan - 17:15




Nicholaus - Lorgan


Memento Mori

Mars 1975

Réserve Sorcière Naturelle - Roumanie

Le voyage n'avait été qu'une étape, un intermédiaire, une vague réminiscence du Poudlard express il y avait de cela bien des années, une nostalgie froide qui avait fait frissonner Nicholaus presque autant que tout ce que signifiait le paysage filant derrière les vitres épaisses: l'imprévu, la nouveauté, l'ailleurs.

Et sa peur, son angoisse était aussi sourde que ténue, parcourant son épiderme et tirant doucement sur chacune de ses nrfs. Il se savait apte à remplir la mission, à seconder le sang-pur, évidemment. Il avait prit le temps d'étudier la situation, les informations, les conseils de son collègue. Amorcé et annoncé ses propres déductions. Préparé au maximum cette expédition avec autant de soin et professionnalisme qu'habituellement.
Mais cela ne changeait en rien le reste. Tout le reste. Tout ce qui ne pouvait être prévu, deviné, su, compris et choisi par avance.

Heureusement, il connaissait Lorgan Nott. De loin. Par cercle ministériel. Il n'avait pas vraiment travaillé avec lui, mais il l'avait croisé, observé comme tous les autres qui gravitaient malheureusement dans son espace d'activité, ne serait-ce que pour le garder à l'oeil, ne pas tomber sur de mauvaises surprises. Ils étaient partout, ils avaient leurs propres moyens d'action et leurs sympathisants. Et les êtres humains normaux n'étaient pas forcément mieux..

Mais au moins il le connaissait. Et du peu qu'il en savait, du peu qu'il l'avait croisé au QG de crowmachin, l'homme semblait apte. Et au tempérament supportable.

Le Rosenhirsh avait d'ailleurs prit le temps d'expliquer sa façon de travailler, de procéder, au sang-pur, de s'enquérrir de la sienne, afin de mieux pouvoir mettre leur temps et compétences à profit. Rien de très personnel, juste pour permettre une entente profitable et utile.

Quoi qu'il en soit, le blond avait apprécié voir la silhouette de l'autre Sorcier quitter finalement leur wagon pour un ailleurs dont il se fichait un peu. La situation l'angoissait déja assez pour ne pas sentir la présence d'un autre humain non loin. Et cela lui avait permit de solidifier un peu plus ses sortilèges de protection et d'alarme. Allégeant à peine se défiance.

Le froid implacable qui s'insinuait partout malgré les protections, le vent sifflant qui arrachait la neige en d'épaisse volutes empêchant toute vision, quelques silhouettes éparses, inconnues, dangereuses. Une langue qui sonnait bien plus comme une mise en garde qu'une simple communication de la populace.

Nicholaus n'aimait pas l'endroit.
Mais évidemment, il n'en pipa mot. Ce n'était pas son rôle, il n'avait absolument aucune raison de se plaindre ou d'émettre la moindre contrariété quand à ces détails qui n'étaient que purement d'ordre personnel.

Il salua poliment l'employé qui leur fournit leurs clefs, observa avec grande attention l'environnement proche et se hâta de rejoindre sa chambre.

S'y calfeutrer. S'y protéger. La rendre aussi imperméable au monde extérieur que possible. Tout en y opérant quelques actes de rangements et nettoyage plutôt vitaux de son point de vue. Le Rosenhirsh aimait que tout soit parfait, clair, propre et rangé. Et s'il devait passer ici plus de quelques heures... D'autant, que cela au moins n'alimenterait pas ses troubles. L'occuperait même.

Permettant par là même au Crépuscule tant honni de défiler sans accroc. Il avait hésité à se forcer au sommeil pour ne rien voir pendant ce labs de temps angoissé, ne sachant ce qui pouvait l'attendre en ces lieux inconnus, mais cela aurait signifié baisser sa garde dans ce même endroit incertain. Hors de question.

Puis était venu le temps d'avancer à nouveau. D'accepter la présence du Nott, de partager un dîner dont il se serait bien passé. Mais Nicholaus, malgré ses travers, était un homme poli, et Nott un sang-pur qui plus est. Tant qu'il respectait sa distance, tant qu'il ne s’immisçait pas, cela irait... Nicholaus n'était pas encore assez bien en ces lieux pour accéder à une réelle discussion intéressante, se contentant de répondre poliment et de manière écourtée au sorcier, bien trop soucieux de la mission et de son environnement.
Bien plus à l'aise et concerné quand ils abordèrent enfin clairement ce sujet plutôt que de se perdre en d'inutiles sociabilités.

Silencieux, il laissa le brun répéter leur procédure, ne précis&ant pas à quel point il trouvait ce rabâchage inutile. Demandant malgré tout une ou deux précisions, donnant clairement son avis sur d'autres détails.

Retirant immédiatement son bras lorsque ce dernier le frôla. Pas de parole émise mais son regard bleu trop clair était éloquent.

Lui nécessitant quelques battement de coeur de plus pour ne pas trop s'en formaliser et continuer leur mise en plan. La vérification de leur matériel, des sortilèges à utiliser.

De préciser qu'il n'était qu'oubliator, pas Auror ou Brigadier, encore moins Tireur d'Elite. Certes, sa formation comprenait une base solide pour pallier à toute situation de combat, qu'elle puisse s'avérer physique ou mentale, spécialement celle qui l'avait mené au corps d'Elite des Oubliator. Mais ce n'était pas sa fonction première, et qu'il serait donc dangereux de compter sur des compétences qui n'était pas son domaine principal.

D'autres heures s'écoulèrent, qu'ils passèrent à leur tâche. Récupérer du matériel dans une boutique du quoi, jouer vaguement leur rôle de substitution, arracher quelques informations précieuses quand à la bête à une sorte de garde-chasse sorcier du quoi - qui bien sûr eut rapidement droit au regard bleuté de Nicholaus et à une Oubliette irréprochable.

La nuit vint, avalant leurs silhouettes sous les rafales blanches de neiges, plaquant leurs capuches sur leurs visages, effaçant leurs traces mieux que n'importe quel sortilège. Ou presque. Nicholaus se chargeait évidemment de pallier autant que possible à toute sorte de gène. Se faire prendre par surprise dans le souffles glacial des montagnes roumaines ne lui disaient rien qui vaillent.
Tout semblait à la fois tellement désert, reposant et...trop. Plein, complet, angoissant.

Puis vint la piste, la perte de temps dans la nuit noire malgré leurs sortilèges de visions nocturne. Malgré le sortilège de vision thermique, trop difficile de vraiment situer à quoi ou qui appartenaient les flux de chaleur. Puis la chasse après un hurlement trop proche.

La surprise d'un stupefix amoindri par les caractéristiques animales de la créature, forçant Nicholaus à briser la protection qu'il maintenant jusque là, celle qui leur permettait étouffer tout bruit et lumière vers les alentours. Mais entre risquer l'une de leur peau et peut-être rameuter de possibles curieux, mieux valait parier sur l'incertitude.

Lèvres pincées, souffle court, baguette fermement serrée en main, son entrainement d'Elite, roué malgré tout au travail en équipe -malgré la Langue de Plomb butée et colérique qu'il avait en binôme- leur était des plus efficace, capable de seconder le Chasseur sans le gêner.

Un nuage dissimula la Lune, créant autant d'ombres incertaines aux alentours. Mais la bête était enfin efficacement hors d'état d'agir. La malle était fortifiée magiquement.

Il ne leur restait plus qu'à transplaner.

Mais Nicholaus empêcha le Nott d'agir, prenant de sa main gantée celle que le Sang-pur allait poser sur la Malle pour l'embarquer. Pour requérir son attention vers un fourré bien précis.

"La montagne possède bien des yeux, mais les plus perçants sont rarement les plus communs."

Murmura t-il entre ses lèvres gercées.

Des visiteurs.

Si le brun se sentit agacé de ne pas être celui qui les avait remarqué, il n'en pipa mot. Mais fut bien plus prompte à s'occuper des indésirables, avec peut-être un peu trop de violence au goût du Rosenhirsh qui empêcha une nouvelle fois son comparse d'agir. S'excusant à peine - non par impolitesse, mais simplement par concentration, cette facette qui lui valait être bien peu apprécié au travail - avant de rejoindre les deux importuns.

"La vie peut être bien plus précieuse qu'une possible annihilation."

Observant le Sorcier touché de plein fouet par le sort du Nott, il plissa les yeux, évaluant la situation. un seul suffirait, de plus les blessures de celui-ci étaient bien trop preuve d'une combat magique. Il fallait s'en débarrasser, d'une falaise, quelque part où nul ne retrouverait son corps.
L'autre... Le Crépusculaire s'en approcha, se forçant à oublier la parcelle d'empathie que le regard terrifié du simple garde forestier lui faisait ressentir. De toute manière, ne venait-il pas de lui sauver la vie?

Vérifiant la solidité du sort d'immobilisme, il attrapa à nouveau son regard, non sans avoir annoncé au Nott de ne pas l'interrompre.

Reformer son esprit, ses souvenirs, les lier avec la réalité pour en créer une plus solide que son cerveau ne saurait guérir. A l'image de ces cellules qui prenaient les virus pour les leurs, incapables de les combattre.

Un laps de temps indéterminé plus tard, Nicholaus levait le sortilège d'immobilité du Sorcier et l'homme se levait, le regard dans le vide, ses yeux passant sur les Mangemorts sans les voir, pour se retourner et partir, disparaître dans la nuit et ses rafales de neige.

L'oubliator s'assura que le Nott s'était occupé de manière adéquate et sure l'autre homme avant de lui expliquer brièvement ce que lui-même avait fait.

"Quoi de mieux qu'un fantôme en vie, capable d'assurer la disparition horrible et solides d'autres fantômes inexistants?"

Murmura t-il d'un sourire aussi froid que la neige.

L'homme serait leur témoin, celui arrivé trop tard pour sauver les deux pauvres Naturistes étrangers des dangers de la Montagne, celui qui assurerait leur fausse existence et empêcherait quiconque -Nicholaus était bien trop paranoïaque pour le permettre - de se poser la moindre question sur deux sorciers qui auraient mystérieusement disparus au milieu de la nuit de leur hotel sans jamais y revenir.
Les accidents étaient monnaie courante.

Comme celui arrivé à son collègue, mort héroïquement au cœur de la tempête en essayant de leur porter secours. Et aux vues des créatures magiques végétant ici, personne encore, n'irait espérer retrouver le moindre cadavre... Et la neige effacerait le reste.

¤

Si le retour depuis Bucarest fut plus silencieux encore, Nicholaus se surprit à apprécier davantage la présence du brun. Légèrement. De manière infime, mais réelle. Se permettant quelque chose qui ressemblait presque à un compliment au Nott quand à sa traque et chasse.

Certes, Nicholaus avait trouvé les actes de l'ancien Gryffondor un peu trop actés sur le vif, au précis, au lieu de prendre toute la généralité en compte dans son ensemble, mais il ne pouvait lui nier de véritables compétences quand au reste. Lui aurait clairement été incapable de gérer cet environnement, le Voronwë et le reste de la faune sauvage de la réserve encore moins.

Et si l'autre pouvait avaler un peu plus difficilement la façon de faire du blond, cela lui était bien égal, il savait faire au mieux, il savait être pointilleux par nécessité. Par efficacité.


Si la réussite de leur mission était la chose la plus importante, les moyens n'en était pas moins vitaux et précieux, comme d'autant de pièces de puzzles permettant d'en voir le paysage en son entier.
Une réussite dont les gratifia avec satisfaction leur Maître et Seigneur.

_________________

Le véritable cauchemar n'est jamais celui auquel on croit, se terrant dans chaque angle, chaque chuchotement de trop, chaque souffle saccadé qui nous échappe. Il est là pour vous rappeler que finalement, vous n'appartenez à aucun monde. Seul le Destin à le pouvoir du véritable choix.

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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Lun 13 Jan - 22:39


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Juin 1975



C’était comme si la Pulsion l’avait vu avant que ses yeux ne viennent à croiser sa silhouette. Comme si quelque chose, de profondément enfouit en lui, l’avait humé à l’entrée de la pièce. Ses sens s’étaient crispés, comme une mise en alerte. Il avait délaissé de la pensée son père et ses bavardages, ainsi que sa main lourdement posée sur son épaule. Il avait oublié le masque mangemort qui recouvrait son visage. Un masque presque inutile, ne servant ici qu’à dissimuler la tâche. Ses yeux l’avaient trouvé, et observé à travers les moulures de métal. Deux yeux verts de chasseur posés sur un homme au teint de lune. Après ça, plus rien n’avait eu vraiment d'importance.

Lorgan détestait les réunions mangemort. Il devait se contenir pour retrouver un souffle calme, et apaiser son agoraphobie montante. Les voix finissaient toujours par lui sembler trop criardes. Les ordres trop fous. Les comportements une farce. Et lui-même, une marionnette. Une marionnette héritière dont personne ignorait le nom. On faisait juste semblant de le croire, de le respecter. Tout le trahissait. De son maintien aux résonances graves de sa voix. Jusqu’à son père, trop heureux de pouvoir se montrer en sa non-présence. Lorgan considérait tout cela d’un œil soumit à la Pulsion interne. A ce grondement de bête à l’affut. S’il respectait les idéaux et demeurait fasciné par le charisme indéniable de leur leader, les allées et venues de tous ces lèche-culs l’horripilaient. Ils lui semblaient autant de suceurs maladroits que cette vieille boufonne de Miranda Malefoy. Il n’était pas plus digne qu’eux d’une certaine manière. Mais plus élevé aux choses, aux regards. Capable de les juger sans leur permettre d’accéder à sa véritable nature. A cette tâche, comme une marque de naissance, dont ses mains étaient marquées. Marquées du sang mêlé de ces hiboux (sans aucune valeur) de ces moldus (sans aucune valeur) et de certains sorciers (de moindre valeur).

Les réunions étaient une obligation qui avaient perdu bien de leur distraction. Il ne s’assurait de sa présence que par soumission docile au vieux fou. Et bien évidemment, pour recevoir les Ordres. Souvent les Ordres lui permettaient de tuer, et la Pulsion se nourrissait de cela.
Mais depuis la Hongrie, depuis eh bien, trois mois, la Pulsion grondait d’autre chose. La Pulsion réclamait encore une si petite chose que quelqu’un, quelque part, lui avait offert sans le vouloir. Sans le savoir. Un os que la Pulsion rongeait comme un loup-garou à l’agonie. Et cette attente avait le don de crisper ses nerfs.

Bien évidemment, tout s’évanouissait quand il le voyait. La Pulsion marmonnait son mécontentement. Et lui s’efforçait de ne rien trahir.

Mais voilà un souci. Nicholaus Rosenhirsh n’était pas homme de la vie sociale. Pas même pour des sollicitations mangemort. Et le croiser devenait presque un exercice de style depuis le Voronwë. Pas impossible. Juste délicat.

Museler la Pulsion ne servait proprement à rien dans ces circonstances. Quand elle jetait son dévolu sur quelque chose, elle se devait de l’obtenir. Évidemment, la Pulsion avait ses failles et ses échecs. Mais elle se tenait prête à toute réparation.

Il était arrivé à l’heure. Et seul, pour une fois. Il se tenait à l’écart, juste assez pour respecter sans doute un quelconque rang dans cette hiérarchie interne. Un rang de sang. Alors que Lorgan avait sa place devant la scène.

Il se plaça de biais. Croisant les bras pour ne pas le perdre du regard, même de sa vision périphérique. Attendit les applaudissements nourris des sang-purs aux idées de Celui-qui-mérite-le-respect. Chercha une excuse. Gronda son mécontentement, son impureté d'idée. Et céda d'un accio.

Le portefeuille de cuir se glissa dans sa main après une trop longue seconde de vol. Lorgan le rangea dans les plis de sa cape. Et esquissa un sourire sous son masque.






« Père ? »

La réunion semblait s’éterniser. Et Lorgan voyait d’un œil inquiet les premiers mangemorts disparaitre dans les couloirs pour retrouver leurs demeures anonymes. Bientôt Nicholaus ferait de même, quand la bienséance le permettrait. Et le laissait s’échapper lui semblait une idée inconcevable. A croire que l’Oubliator avait plus de valeur à ses yeux que les discours présomptueux de son père. Et, cela était-il faux ?

Ce dernier fronça les sourcils.


« Je dois aller à la rencontre d’un confrère. Si tu veux bien m’attendre… »
« Fais donc fils. Mais ne tarde pas. »
répondit Théophile en le congédiant vaguement d’un geste de la main. Lorgan ne réagit même pas sous l’insulte. S’éclipsant rapidement en direction des couloirs. Le gros des mangemorts étaient encore en salle de réunion. Mais la silhouette du Rosenhirsh venait juste de disparaitre par l’une des arcades.

Lorgan pressa le pas. Arracha son masque à la volée. Se foutant bien des regards qu’il pu croiser. Juste un cirque. Juste un vague cirque et –
Il était à moins de cinq mètres de lui. Cette fois clairement seuls à seuls, contrairement aux fois précédentes.


« Monsieur Rosenhirsh. »

L’homme s’immobilisa. Tourna son visage vers lui. Et Lorgan se redressa légèrement. Avançant à sa rencontre d’un pas plus calme. Plus mesuré.

« Vous avez laissé tomber ceci. » Sa main tendit le portefeuille de cuir. Pour qu’il le saisisse de sa poigne et non de sa baguette. Leurs doigts ne s’effleurèrent pas (leur dernière poignée de main avait laissé sa trace cependant Lorgan ne voulait pas réitérer cette... chose). Mais son regard vert avait attrapé celui de l’allemand. Et cela lui suffisait amplement.

Trois mois. Déjà trois mois depuis leur dernière mission avec le Voronwë.. Trois mois de quelques rares mots échangés. De croisements au sein des Mangemorts. Rien de long, rien de complexe, rien de précis. Mais c’était les mêmes yeux bleus pâle qui lui avaient adressé le compliment sur sa chasse. Toujours cette chose en lui grondante qui nourrissait la Pulsion.

Pas que Lorgan en soit troublé. Ou touché. Simplement. Il y avait peu de personne qui se permettait de le complimenter sur un tel sujet (sur la tâche). Peu de personne qui se permettait d’être sincère. Voire même de lui sourire. Peu de personne qui pouvait s’autoriser de l’interrompre dans la tâche pour épargner une vie. Et le faire avec tellement de brio que la Pulsion suive ses gestes du regard, plutôt que de s’appesantir sur la formidable poussée d’envie générée par un meurtre.

Et tout cela se trouvait sur un visage blafard et méfiant d’un sang-moindre.

Lorgan n’attendit pas ses protestations. Murmura avec une certaine neutralité.


« Plutôt, j’ai pris votre portefeuille. Il me semblait plus simple ainsi de pouvoir vous reparler, plus longuement. A l'avenir, je tâcherais de trouver un autre moyen. » Il n’irait pas jusqu’à présenter ses excuses pour un tel comportement (il ne fallait pas exagérer). Ou par profiter de cette scène pour l’entrainer ailleurs (pour quoi faire par Merlin ?).

Il lui suffisait de le voir. Et Lorgan inclina la tête très légèrement. Relâchant sa prise sur l'objet de lien.


« A défaut de me croire honnête ou d’obtenir votre confiance, je me suis contenté de m’en saisir. Pas de… » Grimace de mépris. « fouiller. » Pourquoi se justifier alors ? il n'a rien à justifier, à personne.

Puis en simple commentaire.


« Il est rare de vous voir à ces réunions » et la rareté de ta présence est un fait inacceptable à mes yeux, sache le. « Le Maitre m’a promit un nouvel Ordre de mission très prochainement. Au vu de notre réussite avec la bête de Hongrie, cela me laisse penser que nous serons de nouveau ensemble… » cela me laisse espérer que cela sera le cas, sinon plaise à Merlin de veiller sur celui qui se trouvera face à moi quand la Pulsion ne te reconnaitra pas, toi.

Et la Pulsion gronda son assentiment.

Quelque chose dans son esprit commença à murmurer le début d’une question dont il ne voulait rien entendre. Faute de réponse appropriée. Et craignant tout ce que cela renvoyait.


« C’est tout. »

Est-ce convenable ?
Et par chuchotement souterrain : Pourquoi lui ?

Il a vu la tâche.


Lorgan s’incline encore un peu.

Il n’a pas tremblé.





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Dernière édition par Lorgan B. Nott le Sam 17 Mai - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Mer 22 Jan - 15:41




Nicholaus - Lorgan


Memento Mori

Juin 1975

Ghost Crow - QG Mangemort

Nicholaus s'était mis à l'écart. Ni trop près pour ne pas gêner, ne pas être dans le collimateur, dans les conversations et les regards en coin des autres masqués, ni trop loin pour ne pas paraître trop impoli. Chaque réunion, quelque soit son utilité et importance, devait paraitre grandiose et un acte de foi à chaque instant. Le blond se savait déjà assez dérangeant et naturellement borderline pour ne pas insister davantage sur ces aspects là.

Si on lui posait des questions - ce qui mine de rien arrivait malheureusement de temps à autre - la réalité du sang, son sang, suffisait pour couper court, même si pour le Lord, le sang avant tout Sorcier était plus important que le reste et lui, un ordinaire, qui possédait au moins ses deux parents dans le monde magique, était loin d'être mal vu pour son héritage. Seuls les sang-mêlés et sang de bourbe subissaient réellement le courroux du Lord Noir. N'étaient-ils pas sensés voler la magie des autres? Etre à l'origine de ces Cracmols qui fleurissaient dans les plus vieilles familles sorcières? Le lien de cause à effet était des plus évidents et cohérents, il fallait l'avouer.
Et pourtant, même eux avaient parfois droit à la rédemption tant qu'ils comprenaient leur rôle et leur place. Bressini en était l'un des meilleurs exemples. Où le pire, Nicholaus ne savait trop comment le considérer. Pas comme Curtis qui dénigrait l'homme dès qu'il le pouvait, le rabaissant à ses origines pour tout et rien, riant de sa vie de serpillère qui tentait de devenir un mouchoir en soie.

Quoi qu'il en soit, si le Blond ne participait pas régulièrement aux meetings mangemorts - autant par obligations professionnelles que lié à son manque d'envie de sociabilisation - il ne pouvait tous les éviter. Curtis n'était pas très doué pour prendre la pleine ampleur des détails et rouages importants et se lassait très vite lorsque l'ancien Poufsouffle avait besoin d'en savoir plus.
Malgré son côté fantôme assez avancé, malgré la présence parfois des masques, on remarquait son absence. On demandait son avis. On le présentait pour devenir lui-même le rouage. Et ce soir Curtis était retenu. Ce soir le rassemblement nécessitait qu'il soit là.

Le dos droit, la mâchoire serrée derrière son masque sobre, le Crépusculaire patienta, engrangeant les informations, profitant des moments de silence, frissonnant lorsqu'on posait un regard vers lui, ou qu'une cape le frôlait. Il préférait la présence rassurante de Curtis avec lui, même si le Bishop était incapable de se contenter de cette position en retrait.
Il ne savait pas si son absence lui offrait une forme de calme et repos dans le tumulte que le musicien représentait à bien des niveaux ou si au contraire elle le rongeait doucement. Une réflexion guère utile en cet instant.

Un soupire lui échappa, alors même que l'essentiel venait d'être dit par l'un des Eminents Mangemort de Voldemort, clôturant par là même cet interminable torture pour le blond.

Sans un mot, ni un regard, à peine un bruissement de tissu, il s'échappa des lieux, de la grande salle sombre et ornée à l'effigie de Salazard. La suite ne l’intéressait pas.

Lorsqu'une apostrophe le fit ralentir, s'arrêter. Se retourner. Il avait évidemment reconnu la voix du fils Nott. Lorgan.

Un léger sourire à peine esquissé flotta sur ses lèvres alors que le sorcier le rejoignait.

Qui disparut aussitôt l'objet de cette rencontre mentionnée.

Son portefeuille.

"Comment..?"

Souffla t-il dans un murmure trop bas pour être perçu, sourcils aussitôt froncé et son regard devenu bien plus froid et distant.

Il ne pouvait perdre son porte-feuille, il avait un sortilège de Pasperdu sur chacun de ses objets! En plus de quelques sorts mineurs pour éviter les désagréments de plaisantins plus ou moins mal avisés.

Lèvres légèrement pincées, l'Oubliator récupéra son dû et l'examina avec suspicion, oubliant presque qui l'avait tenu quelques secondes avant. Ce n'était pas normal, ce...

« Plutôt, j’ai pris votre portefeuille. Il me semblait plus simple ainsi de pouvoir vous reparler, plus longuement. A l'avenir, je tâcherais de trouver un autre moyen. »

Arquant un sourcil surprit, il posa son regard pâle sur son homologue, troublé par cette révélation. Ces révélations. Son comportement aussi. Il n'était pas sur de comprendre. Il hésita, ravala sa réplique, acquiesça du chef à ses explications tout en jetant malgré tout quelques sortilèges sur le porte-feuille. Au regard du plus jeune, il s'humidifia les lèvres avant de s'expliquer. Les sang-purs comme les personnes hiérarchiquement mieux placés professionnellement avaient toujours besoin d'explication.Sa réponse fut des plus laconiques.

"Malgré l'habilité de votre baguette, vous n'auriez dû pouvoir y poser vos doigts. A moins que vous ne possédiez quelques capacités cachées, il y a eut d'autres failles."

Il ne précisa pas non plus qu'il vérifiait aussi ainsi l'exactitude des paroles du Nott. Il ..pensait apprécier le jeune homme, ils avaient bien travaillé ensemble, et les quelques courtes discussions précédentes lui laissaient un souvenir agréable, des sollicitations et pensées plaisantes. Mais difficile de parler de confiance malgré tout.
Que ses mots puissent sembler ambigües ou peut diplomates..cela il n'en avait guère conscience.

Malgré tout, ses vérifications faites et l'objet discriminé rangé à nouveau, il reposa un regard plus doux sur Lorgan. Maintenant qu'il était là.. Et que rien autour ne semblait trop dérangeant...

"Il m'est préférable que cela soit votre personne qui ait relevé cette faille plutôt qu'une autre moins agréable et connue."

Rajouta t-il doucement, prenant légèrement conscience des réactions de son vis-à-vis face à lui et cette situation forcée, de son stress même. Les fines lèvres de Nicholaus s'étirèrent en un leger sourire. Haussant vaguement les épaules à la mention de sa présence au QG, il se contenta de retirer à son tour le masque qui dissimulait ses traits - mais guère sa personne trop grande et trop pâle- avec lenteur et précaution.

"Si le Maître souhaite utiliser mes compétences et les lier aux vôtres, le noeud en sera forcément efficace."

Et quitte a devoir repartir sur ordre du Lord, autant que ce soit avec le jeune Nott. Mais si le Seigneur des Ténèbres pouvait attendre encore un peu avant de lui confier quoi que ce soit de trop...désagréable, le Rosenhirsh apprécierait. Il n'était guère sorcier que l'on pouvait considérer comme fainéant, et sa conscience professionnelle le poussait souvent à bien plus que la plupart de ses collègues, et par là même lors des investigations et ordres divers donnés par Voldemort. Mais cela n'empêchait pas que le blond redoutait à chaque fois chacun de ces instants, de ces changements, chaque lieu ou personne qu'il ne connaissait pas. N'étaient-ils pas partout?

Alors que le Sang-pur finissait par une "c'est tout" assez étrange, Nicholaus réfléchissait. Ainsi ce dernier avait..emprunté... son porte-feuille uniquement pour l'informer d'une promesse du Lord? Était-ce du fanfaronnage? Curtis aurait déja considéré que le Sorcier venait uniquement se moquer, profiter de sa supériorité pour l'utiliser et s'imposer. Mais Curtis n'était pas là. Et le regard vert de son homologue ne semblait guère prêt à disparaître sur ces quelques mots.

" Pensez-vous ce tout déja clos et immuable? Ou peut-être pourrait-il s'élargir en temps et espace jusque se fondre vers la salle des livres? Il se trouve que j'ai quelques recherches à effectuer."

Il connaissait assez le Nott pour savoir qu'il ne le gênerait pas dans son travail, même s'il ne pourrait nier sa présence et que cela aurait forcément une incidence. Nicholaus n'aimait guère qu'on lui porte de l’intérêt, au mieux cela l'indifférait, au pire cela le rendait méfiant et inquiet. Mais le comportement de l'ancien Serpentard lui donnait envie d'en savoir un peu plus. Juste un peu.

_________________

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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Dim 26 Jan - 12:04


A notre mémoire nous resterons loyaux
Juin 1975



A la mention des failles potentielles de ses sortilèges, Lorgan ne se permit qu’un simple sourire satisfait. Ses doigts caressant lentement sa baguette comme on flatterait un animal docile, il répondit sur un ton nonchalant par un aveu et une correction. Il n’avait absolument rien à prouver à un sang-moindre. Et douter de ses capacités de sorcier auraient remit en doute sa supériorité de sang-pur. Mais il était toutefois satisfait de se voir reconnu comme talentueux par l’allemand – car c’est à cela que ses propos ressemblaient. Cela étouffait même son choix ridicule et impur de lui voler son portefeuille pour pouvoir lui parler – avait-il besoin d’une excuse pour prendre son du ? Il était Lorgan Nott, et les choses devaient obéir et lui appartenir au moindre signe évident de sa volonté.

Mais justement, susurra la Pulsion en lui. Ils savaient tous les deux à quel point la chasse avait du bon. Et à quel point ils pressentaient que celle concernant le Rosenhirsh serait troublante et lente. Frustrante même, et les affamant. Ils prendraient leur temps pour l’obtenir, mais ils l’obtiendraient. Qu’importe comment, qu’importe les moyens, ils l’obtiendraient et à ce moment-là les rôles se placeraient. Parce qu’à le voir ainsi abaisser son masque. A l’entendre ainsi lui répondre d’une voix si douce. Lorgan doutait de sa position de chasseur.

"… qu'une autre moins agréable et connue."


Quelque chose en lui fut pincé violemment et frissonna comme une corde tendue. Et la Pulsion s’affala, alanguie et ronronnante. Que venait-il de dire ? Que venait-il d’avouer ?

Sa bouche s’assécha. Et son esprit prit parti de la suivre dans ce désert.

Avant de repartir, comme lancée à toute vitesse par la main d’un sortilège. Une pierre soumise à un wadiwasi qui ricocha sur la surface lac et tranquille de son observation.

Le poids de ces mots, et leur conséquences en lui, le déstabilisa bien plus qu’il ne l’aurait cru au premier abord. Lorgan sentit la chaleur monter en lui comme une flamme. Et se demanda, mal à l’aise s’il allait se mettre à rougir – cela aurait été pire que tout. Mais ce brasier-là n’avait rien à voir avec de l’embarras. Il montait de manière plus primordiale en lui. Sourdant du centre bas de son corps.

Le regard de Lorgan cilla.

Et il comprit qu’il s’excitait.

Le terme excitation était à ce propos justement incorrect. Rien, à part peut-être le frémissement de ses pupilles dilatées, n’aurait pu trahir physiquement ses émotions. Il n’y avait rien à observer chez lui. Aucune faille où déverser le chaos dans son corps. Il n’y avait qu’une pensée simple qui tournait en boucle, une souris pour ce chat qu’était la Pulsion. Une pensée dévorée par Elle, devenue Elle.

Il le voulait.
C'était une morsure insistante mais non douloureuse. Balayant le sursaut de frayeur de ses pensées logiques et dans l'erreur. Cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il soit un homme (et tout à voir). Cela n'avait rien avoir avec le sexe (et tout à voir). Cela n'avait rien à voir avec Miranda ou lui et sa folie (IL N'EST PAS FOU).

Mais il voulait lui répondre.

Tu me trouves agréable ? Tu penses que tout cela peut te convenir ? Tu penses que je suis là pour ton bien ? Tu penses que ma fourberie se contente d’un portefeuille ? Tu te crois au-dessus de toute manipulation ? Tu me considères comme un enfant ?


Et la Pulsion siffla de colère.

" Si le Maître souhaite utiliser mes compétences et les lier aux vôtres, le noeud en sera forcément efficace "


Avant de gémir.

A la recherche d’une solution pour sortir de ce carcan de feu, Lorgan serra les poings. Ses ongles s’enfoncèrent dans la chair tendre de ses paumes. Transpercèrent la peau. Et la douleur lancinante assourdit la plainte de la Pulsion.

Prends le, disait-elle sans vraiment connaitre toutes les subtilités de ces mots. Prends le !

A quoi tu penses Rosenhirsh, pauvre demeuré. A quoi tu penses en me disant ça ?

" Pensez-vous ce tout déjà clos et immuable? Ou peut-être pourrait-il s'élargir en temps et espace jusque se fondre vers la salle des livres? Il se trouve que j'ai quelques recherches à effectuer."


Lorgan détourna la tête. Carra les épaules.

Il y eut un instant de silence et de tension tangible. Où lui-même guettait les voix des autres mangemorts dans les pièces accotées. Il laissa sa respiration affluer dans sa gorge pour expirer un soupir. Et ainsi amener une décision à ces mots. Car Nicholaus venait de lui proposer de s’écarter un peu plus. De s’enfermer dans une pièce où ils se retrouveraient seuls. Dans une pièce fermée à portée du moindre coup d’œil curieux ou de la volonté du Lord bien évidemment. Trompeuse dans son apparente sécurité. Mais une pièce à deux quand même.

Son père lui avait demandé de ne pas trop tarder. Et Lorgan laissa l’enfant de 7 ans en lui danser d’un pied sur l’autre. Se pouvait-il qu’il puisse trahir les ordres de son père pour suivre un sang-moindre ? Se pourrait-il que Nicholaus soit plus puissant que ça, malgré sa nouveauté ? ou bien à cause.

La Pulsion gronda. Et Lorgan céda.

Sa voix était un peu rauque quand il murmura.

« Il n’y avait rien de définitif dans ma réponse. Et j’aurais plaisir à vous accompagner. A prendre connaissance de l’objet de vos recherches »

MOI MOI MOI
hurla la Pulsion.

« Si vous me permettez un instant… » Il sortit de sa poche une morceau de parchemin ainsi qu’une plume à encre perpétuelle. L’objet, pratique et à la publicité trompeuse n’avait déjà plus d’encre. Mais Lorgan pu griffonner quelques mots avant de replier la feuille en une cocotte pliée. Sur laquelle il souffla. « A père. »

L’oiseau s’enfuit dans le couloir. Il n’attendit pas de réponse pour se tourner vers Nicholaus.

« Je vous suis. Le QG et ses pièces me sont quasiment étrangers. »

Son père allait forcément lui en faire le reproche. Mais les pensées de Lorgan étaient centrées sur le mangemort. Par cette invitation il rendait toute cette tension entre eux excusable. Il en devenait l’instigateur d’une faute à venir. Qu’importe cette faute. Et les commissures de Lorgan se relevèrent de nouveau, démontrant ainsi sa satisfaction. Nicholaus se rendait là où Lorgan voulait l’emmener.

Nicholaus frappait au museau du loup avant d’y entrer.

La bibliothèque du QG n’avait pas l’importance de celle de Poudlard, et encore moins de celle de son propre manoir, mais elle était suffisamment grande pour comporter de nombreux rayons. Éclairée à la bougie, la lumière vacillante renforçait cette impression d’étroitesse quant à la taille de la pièce. Au milieu, des tables et des chaises au bois ternit attendait le poids des recherches. Il y régnait un silence presque sacré. Lorgan referma la porte derrière eux sans chercher à la bloquer ou à la verrouiller. Il laissa Nicholaus lui expliquer le but de ses recherches avec un intérêt poli et non feint. L’observa tandis que le mangemort partait en quête de ses livres et lui-même se laissa distraire par quelques titres inconnus. Il y avait beaucoup de traité de magie noire mais il découvrit sur les étagères quelques essais sur les loup-garous qu’il n’avait pas encore lu.

Lorgan en effleura la tranche avant de se détourner pour rejoindre l’allemand à sa table.

Ses yeux pâles fouillaient les lignes et les griffonnements rapprochés des manuscrits. Dans la faible lumière, ses cheveux semblaient plus pâle encore. Comme une tache dans cette quasi obscurité. Ses doigts refermés sur une plume, Lorgan observa le ballet de ses mains longues et fines et se demanda s’il jouait d’un instrument. Il était surprit de leur délicatesse apparente, car cela lui rappelait la douceur des filles. Mais il avait vu ces mains à l’action dans les montagnes de Hongrie et en connaissait leur habilité à défaut de leur force. Au-delà de ces doigts, il y avait les os pointus de ses poignets. La pâleur presque lunaire de sa peau. Ses veines qui saillaient à la moindre crispation.

Et Lorgan l’observait encore, remontant sur son cou, sur son visage puis sur la courbe tranquille de son corps penché sur les livres. En témoin invité inconscient du malaise qu’il pouvait susciter. Ou s’en foutant. Il n’avait aucune excuse à être ici autre que l’envie de Nicholaus. Cela devenait donc de la responsabilité de l’allemand d’assumer d’être ainsi détaillé. Mais le regard de Lorgan n’était pas acéré, ou appuyé. Juste caressant.

Leurs yeux se croisèrent. Lorgan posa une question pour donner une raison à ces lèvres de bouger et de prononcer encore des mots. Des mots peut-être troubles comme ceux du couloir. Allait-il dire encore qu’il était une personne préférable ou agréable ? Ou appuyer la décision du Lord en soulignant leurs capacités respectives à… s’entrelier ?

Sa jambe l’effleura sous la table.

Bref contact puis Lorgan se pencha à son tour. Tapota du doigt la couverture épaisse d’un livre qui siffla de protestation sous le traitement. Donna son avis sur l’auteur sans se permettre de penser que cet avis n’avait aucune valeur dans les recherches du Rosenhirsh. Laissant simplement sa chaleur se communiquer à celle du mangemort.

Se baignant dans l’envie absurde et abrupte qu’il avait envie de lui. Sans lui trouver de raisons et sans se laisser le temps de se braquer contre elle. Les choses auraient plus simple différemment sans doute mais la Pulsion ne recherchait pas la simplicité. Ne recherchait pas non plus la tolérance du regard des autres, loin de là. C’était simplement une chasse qui commençait entre eux.

A un autre point de l’histoire il l’aurait agrippé au col pour profiter de son manque de prudence. Pour profiter de la stabilité de son esprit avant que l’aliénation ne le mange. Pour profiter de ces deux yeux vivants l’englobant et lui demander de murmurer puis de gémir ce qu’il voyait. A un autre moment où il n’aurait pas été si jeune et si idiot. Si à cheval sur les règles et si troublé de tout ce tumulte. Où il aurait été un chasseur plus expérimenté.

Mais nous étions à maintenant. Et ce qui viendrait glisser sur un collier de regret passa pour cette scène comme un moment simple et agréable. Où l'envie et le besoin n'ont pas encore laissé leur trace en morsure.

Il n'y a qu'eux et leur découverte de l'autre à demi-mots. Juste leur discussion chuchotée sur des sujets sans réelle importance. Et le contact plus concret que physique de leurs regards s’entrecroisant.

Pour nourrir l'angoisse, Lorgan lui jette un os où toutes les excuses, même les plus stupides sont acceptables. Il joue lui-même avec sa Pulsion en tirant sur la corde de la bête en lui, la rapprochant et l'éloignant du Rosenhirsh.

Il ne veut pas encore céder à quelque chose qui n'est que le début d'une course entre eux. Pour profiter. Pour se laisser le temps de s'interroger.

Pour se laisser l'idée d'un pas en arrière.

Alors que tout est déjà planifié et ordonné.

Il l'obtiendra. Qu'importe comment et par quelle méthode. Puisque le Rosenhirsh est là, avec son regard doux et ses mots, et son intérêt pour lui, alors il l'obtiendra.

Envers et contre tout.




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Dernière édition par Lorgan B. Nott le Sam 17 Mai - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Mer 5 Fév - 15:28




Nicholaus - Lorgan


Memento Mori

Juin 1975

Ghost Crow - QG Mangemort

Le comportement du sang-pur, son hésitation évidente et le mot laissé à son paternel aurait presque pu arracher un vague sourire au blond, mais cela n'aurait guère été poli ni respectueux. Sans parler du simple que fait que l'Oubliator ne se laissait guère aller à de telles démonstrations aussi aisément. Encore moins avec un SOrcier qu'il connaissait malgré tout si peu.

Acquiesçant doucement du chef, il se permit malgré tout d'aller contre la demande du jeune Nott qui lui faisait signe de passer devant. Que celui puisse être une marque de confiance ou un début de jeux de mots complexe, le Crépusculaire ne s'en rendit nullement compte. Le fait qu'il devait alors accepter de laisser l'autre marcher dans son dos, hors de ses sens directs... Le blond avait grimacé, sa paranoïa reprenant aisément le dessus alors qu'il répliquait un peu sèchement et un instant mal à l'aise, que cela ne conviendrait pas. Avant de s'excuser de son impolitesse et de tourner cela de manière plus efficace, arguant qu'il était mal-aisé de discuter en étant à la queue-leu-leu. Le Crépusculaire tâcha uniquement de ne pas trop s'approcher du Sang-pur pendant leur cheminement jusqu'à la fameuse salle, autant que la largeur des couloir pouvait le lui permettre sans paraître trop impoli évidemment.

Arrivés à destination, Nicholaus avait ouvert l'accès à cette dernière d'un sort bref et précis - toucher la poignée de la main aurait été s'exposer à bien trop de germes et contacts indirects-, laissant le Sang-pur s'y engager en premier avant de faire de même. La petite salle effilée était calme et vide de toute présence humaine, sentant une vague odeur de renfermé que l'on n'aurait sû définir et qui fit malgré tout pincer les lèvres à l'ancien Poufsouffle, grommelant qu'il était fort dommage de laisser ainsi tel lieux aussi peu hygiénisé. Certes quelques enchantements étaient présents pour empêcher la dégradation générale des ouvrages, mais ensuite.. Quelques coups de baguettes illuminant les lustres parvinrent rapidement à repousser une partie des ombres qui s'affalaient confortablement dans les lieux avant de commencer à se mettre au travail. Avoir la compagnie du Nott était certes agréable, ses regard plutôt étranges même, mais cela n’empêchait que Nicholaus n'était nullement venu ici en touriste et qu'il ne se détournerait pas de sa tâche pour ce dernier. Mais les deux pouvaient aisément être conciliés tant que chacun y trouvait son dû. Ainsi fait, le Blond prit le temps d'expliquer doucement à l'ancien Serpentard ce qu'il venait faire ici, calmement et sans le quitter du regard -il était irrespectueux de parler à quelques sans le regarder dans les yeux - répondant sur le même temps aux rares questions du bruns. Avant de se mettre réellement au travail, regroupant les ouvrages dont il aurait besoin et qu'il ne pouvait décemment pas posséder dans son appartement.

Le temps s'écoula, doucement, surement, le Blond relevant parfois le regard de son parchemin pour croiser celui du Nott, fronçant un instant les sourcils alors que l'autre lui répondait d'un sourire.

"L'ennui vous enlace t-il?"

Argua t-il un moment, inquiet quand à l'intention dont il était la cible. Les relations sociales et les comportements humains étant de plus en plus incompréhensibles pour le Sorcier au fil des années, leur interprétation était souvent difficile pour lui, quand il n'en sortait pas des analyse erronées ou tout simplement paranoïaques.

Soulagé quand à la réponse quelque peu sibylline de son vis à vis, Nicholaus se contenta d’acquiescer juste quand leurs jambes ne se frôlèrent. Le Rosenhirsh sursauta, ramenant rapidement la sienne vers sa chaise, son coeur palpitant un instant plus rapidement sous le coup de stress bref mais intense qui venait de l'étreindre. Il n'aimait pas les contacts, quels qu'ils soient, ils....l'inquiétaient. Et celui-ci ne faisait pas exception. Le Nott allait-il s'amuser à le torturer sur cet aspect de sa personnalité dérangée comme le faisait si souvent Curtis? S'en rendait-il compte? Lèvres pincées, souffle plus court malgré tout, il observa un moment ce dernier, allait pour s'excuser - n'était-il pas celui qui faisait une citrouille d'un pépin?- lorsque le sorcier enchaina comme si de rien n'était sur l'auteur du livre. Nicholaus plissa les yeux, avant que son regard ne soit attiré par le tapotement de doigt. C'était..Aussi agaçant qu'intriguant.
Et l'autre était proche malgré tout, penché sur la table, son souffle expiré dans les volutes de ses mots.

Que faisait-il là vraiment? Que voulait-il? Juste trouver une oreille pour l'écouter? Une sortie pour éviter un paternel trop droit?

L'amertume du doute écumait l'ancien poufsouffle, avant qu'il ne se force au calme. Une simple discussion, un simple partage, rien de plus, rien de moins. Nicholaus ferma un moment les paupières, reléguant tout cela à ailleurs, écoutant l'autre sorcier, donnant son avis, entrant rarement dans un argumentaire.

Une autre fois, les doigts du Blond frôlèrent la main de Lorgan alors que ce dernier lui proposait un livre apparemment utile pour sa recherche, et si Nicholaus ne put s'empêcher de la retirer un peu vivement, un commentaire tout aussi incisif fut murmuré dans un même temps.

Il s'étonnait de l'apparente douceur de la main du Chasseur, une surprise par rapport au métier qui le faisait vivre.  Que sa phrase puisse atteindre l'autre homme par contre, Nicholaus n'en avait ni l'intention ni l'idée. Il fronça légèrement les sourcils quand à la réaction de Lorgan, sa compréhension ne parvenant guère à en comprendre les tenants ou aboutissants. L'attirance que commençait à ressentir son vis à vis à son sujet était bien trop nébuleuse pour lui-même, un concept qu'il n'était pas encore capable d’appréhender tant ce genre de considération était en dehors de sa propre sphère. Nicholaus n'était pas exempt de relations amoureuses, mais que ce soit sa situation particulière liée à ses penchants, sa personnalité ou sa maladie, il était loin d'en être un parfait expert.

Gardant un oeil malgré tout intrigué -mais poli et donc neutre - sur le Nott, Nicholaus se contenta d'être fidèle à lui-même le reste de l'heure ainsi partagée, parlant parfois, silencieux et concentré souvent, intrigué de temps à autre, appréciant la présence de l'autre Sorcier assurément. Même s'il ne pouvait s'empêcher de penser que Curtis en prendrait évidemment ombrage s'il venait à lui en parler. Rien que d'y penser, il avait déja mal au crâne. Le statut de sang du Nott le restreindrait peut-être?

Après, ce n'était pas parce que les deux sorciers étaient collègues et venaient a se croiser -rarement- au Ministère, qu'ils avaient effectué une mission du Lord ensemble et discutaient en cette fin d'après-midi que cela se reproduirait forcément, encore moins que leur relation prendrait de l'importance. Nicholaus était habitué aux caprices des autres Sorciers, leur curiosité, leur ennui qui les poussait souvent à l'approcher avant de s'en éloigner en trouvant mieux à faire. Ni une perte, ni un gain. Seul le destin en déciderait.

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Le véritable cauchemar n'est jamais celui auquel on croit, se terrant dans chaque angle, chaque chuchotement de trop, chaque souffle saccadé qui nous échappe. Il est là pour vous rappeler que finalement, vous n'appartenez à aucun monde. Seul le Destin à le pouvoir du véritable choix.

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MessageSujet: Re: Memento Mori (Nicholaus - rp chroniques) [/!\ nc-17]   Dim 11 Mai - 17:42


A notre mémoire nous resterons loyaux
Septembre 1975



Pièce familière que cette bibliothèque dont les étalages s’élèvent le long des murs comme les branches d’un arbre sans vie. Etouffant la lumière sous ses indescriptibles rameaux encombrés de livres et de poussière. Ici, les toiles d’araignée y sont presque entretenues. Et il y a une odeur de renfermé qui se glisse subtilement parmi tant d’autres parfums. L’odeur du parchemin neuf tout d’abord, et de l’encre qu’il utilise pour écrire. L’odeur du bois chaud du feu entrain de brûler dans la cheminée, à quelque pas. Une odeur de cendre aussi, et celle de la sueur que la chaleur fait naitre sur leurs fronts et dans leurs cous. Un parfum qui n’a rien d’âpre ou de désagréable. C’est plutôt comme de l’ambre réchauffé au soleil, ou comme un thé laissé trop longtemps à infuser.

Il sent cette odeur comme il peut sentir contre sa main la dureté et la douceur de sa plume d’aigle. Comme il sent sous son corps la chaise en cuir de son bureau personnel, et le sol sous ses pieds. Sa main droite repose sur la table en bois et il en caresse les veines du geste lent d’un aveugle en terrain conquis. Mais il n’est pas aveugle. Même si la pièce est si sombre qu’il discerne à peine ce qu’il écrit – et ce qu’il écrit lui semble des hiéroglyphes incertains, peut-être du cyrillique. Qu’importe. La priorité n’est de toute façon pas le contenant mais bien le contenu. Sous la table ses pieds s’allongent de manière à frôler ses jambes des siennes.

Et cette fois ci, l’autre ne les rétracte pas.

Il relève simplement ses yeux – bleus, attentifs, hésitants et interrogatifs. La lumière du feu de bois éclaire sa peau pâle de manière subtilement différente. Ses cheveux, d’un blond délavé reprennent une nuance plus dorée. Et la ligne sombre de ses cernes s’atténue, venant plutôt accentuer le traçage parfait de sa bouche. La sueur roule dans son cou jusqu’à atteindre l’os de sa clavicule, à peine dénudée – et il a dû défaire cette chemise sans qu’il ne s’en aperçoive. Sa pomme d’Adam roule doucement sous sa peau fine.

C’est alors qu’il s’entend parler. D’une voix rauque qu’il ne reconnait pas. Il lui dit – ou en tout cas c’est ce qu’il comprend de son monologue – que l’encre a tâché ses doigts. Et qu’importe ? Il y a tant de sorts et d’accessoires pour ce genre de tracas qu’il ne voit pas en quoi le faire savoir à Nicholaus – ce qui représente d’ailleurs une certaine forme d’humiliation – peut y changer quoique ce soit.

C’est avant de voir l’allemand bouger, se relever. Et attraper son poignet de ses propres doigts longilignes et graciles. C’est avant de le voir se pencher sur cette table pour happer son index entre ses lèvres boursouflées et rougies. Le voir aspirer son doigt entre ses dents avec ce danger d’être mordu. Mais ce n’est pas un cauchemar. C’est loin de l’être, malgré tout.

Il sent toujours sa langue, râpeuse et chaude. Il sent toujours sa salive recouvrir sa peau. Il y a toujours la sensation d’être engloutie dans une antre bienfaitrice et humide. Et c’est affolant, à quel point tout ce ressentit est intact et précis, unique à chaque fois, persistant.

Il renverse la tête en arrière mais l’image rémanente de Nicholaus entrain de sucer sa main persiste à travers ses paupières. Il voit le plafond et les zébrures caractéristiques du QG mais le cuir de sa chaise personnelle couine sous ses reins quand il se cambre. Il ne pense pas à son père qui peut ouvrir la porte de la bibliothèque à tout instant – « Fils, nous y allons » - mais à cette succion qu’il ressent, plus profonde, à un tout autre point de son corps.

Et il s’entend gémir. Les pensées dyslexiques et incapables du moindre sens.

Puis se réveille.




Il est appuyé d’un bras au montant de marbre et observe les flammes danser dans la cheminée. Il ne semble pas prêter attention à la chaleur berçante qui assèche ses lèvres, sa peau et ses yeux. Qui devient peu à peu une brûlure sur ses joues et sur son front. Une brûlure pour son nez qui cherche en vain la fraicheur. Et le feu ronfle, assourdissant la pièce sans atteindre ses pensées. En son centre, le bois crépite et étincelle, chancelle et s’abat dans la cendre, de plus en plus noir.

Lorgan se détourne.

Il tient dans sa main un verre de whisky tiède dont il avale une gorgée sans grimacer. Et ramasse sa baguette qu’il a délaissé sur la table, à l’écart de ce foyer qui persiste continuellement au long de l’année. Eté comme hiver, l’Elfe est chargé de l’entretenir et de le nourrir. Lorgan n’a jamais compris pourquoi. Ce n’est pas comme si la bibliothèque de son père – qui lui appartient bien plus désormais qu’à son géniteur – était particulièrement froide et humide en toutes saisons. Le chasseur suppose que ce n’est qu’une ambiance et il a bien envie soudain de lancer un sortilège de vague pour éteindre toute cette mascarade. Car ce n’est que cela, du spectacle.

Mais l’esbroufe fait partie de son héritage, et si Lorgan manipule suffisamment son père pour obtenir certaines libertés, il n’a rien contre le fait de suivre les règles de ce carnaval. C’est un masque bien pratique à agiter en société, d’être le fils héritier à défaut d’être l’ainé. D’être un sang-pur, même si cela ne compte pas encore tout à fait, cela a son avantage. D’être aux côtés d’une force qui finira bien tôt ou tard par renverser l’Angleterre. Un masque supplémentaire pour renforcer celui du quotidien, bricolé année par année, peaufiné, affiné, réparé et maintenu au long des jours.

Le poids soudain de son corps fait grincer la chaise de son bureau. Et il appuie sa nuque contre le cuir moelleux de son siège, en plissant les yeux.

Ici, ses pensées et ses murmures sont à l’abri. Ici se trouve son domaine, et c’est sans doute logique que la bibliothèque se trouve être du même coup la scène particulière de ses débordements.

Même si Lorgan affecte un certain détachement à l’égard de la Divination – détachement teinté de mépris – il a apprit à ne pas prendre ses rêves à la légère. Et quand ceux-ci concernent un sang-moindre d’origine étrangère atteint d’un mal-être clairement perceptible, qu’il soit psychologique ou névrotique, son intérêt en vire presque à la paranoïa.

Mais à cette heure il s’interroge. Et interroge en même temps la Pulsion, à l’origine de tout ce fiasco.

Car au départ ce n’était que de la curiosité, rien de plus. Un intérêt qui aurait du se disperser au fil du temps. Et ça malgré les missions communes et les rencontres au QG. Bien évidemment, il avait sentit dès la première fois que l’attrait dont il faisait preuve à l’égard du Rosenhirsh n’avait rien de classique ou de naturel. Mais de la part d’un homme ayant passé sa scolarité à abattre des hiboux dans la volière cela en paraissait presque classique. En aucun cas ses rêves ne remettaient en question sa condition de Nott, et l’avenir qui lui était déjà tout tracé en tant qu’individu. Repousser une greluche, la fourrer de manière à lui faire pondre deux ou trois marmots, ça c’était l’usage. Son dégoût des femmes, par exemple, n’était pas non plus une nouveauté. Miranda n’avait pas été la seule à partager son lit. Mais il n’y avait pas que sur le domaine sexuel que la féminité avait tendance à lui arracher des grognements écœurés. Le parfait exemple se trouvait être sa propre mère. Effacée, pleurnichade, trop gracile et inutile. Les autres dames finalement, plus vindicatives, n’étaient que des gueulardes en attente d’être matée, ou au pire, des erreurs à corriger. Un peu comme une brebis en bonne santé peut donner naissance à un mouton noir galeux.

Voilà, l'exacte comparaison selon Lorgan se trouvait être ceci : la femme féministe était à la société sorcière digne de ce nom ce que le cracmol était à la magie, une aberration.

Les hommes étaient donc préférables. Pas tout les hommes, naturellement. Disons les plus tranquilles. Les plus intriguant aussi. Lorgan n’était pas un animal social comme les autres. A pièce unique autant choisir une autre pièce particulière à laquelle s’emboiter. Cela ne faisait pas de lui un pédé. Il n'était ni une tantouze ni une femelle avec les mauvaises parties comme cet étudiant de Poudlard, Douglas quelque chose que Lorgan aurait bien écorché vif pour lui faire ravaler ses manières douteuses et son rire suraigu.

Mais Nicholaus… Nicholaus vraiment ?

C’était quoi ? Cet air traqué ? Cette fausse impression de fragilité alors qu’il était – pour un homme de son rang – quelqu’un d’amplement compétent ? Ses cheveux blonds peut-être – vrai qu’il avait toujours eut plus d’attrait pour les chevelures claires que pour les autres. Qu’y avait-il d’attirant chez lui, autre que cette cassure perceptible que Lorgan retrouvait en lui-même ?

Rien. Rien de concret. Rien de logique. Rien d’explicable.

Et c’était agaçant.

Parce que la Pulsion avait faim de lui. Parce que la Pulsion avait trouvé le chemin de ses rêves à travers les remparts de son déni. Parce que la Pulsion désirait l’obtenir, et y parviendrait certainement. Parce que l’idée même de voir Nicholaus avec une autre – c’était forcément une autre, les hommes n’étaient pas une menace, juste des combattants que Lorgan évincerait avec facilité – lui donnait envie de l’éventrer. Parce que la pensée même de ne pas le voir trop longtemps le faisait se renfermer dans sa bouderie quotidienne, grisâtre.

Et il aimait le suivre. Il aimait effleurer ses limites sans le tester vraiment. Il aimait sentir sur lui les coups d’œil de l’allemand. Il aimait…

Sa peau. Les veines apparentes de ses poignets. Ses ongles soignés. Les mouvements de sa baguette. Sa démarche. Ses rares prises de paroles. Son intérêt pour les livres. Son léger accent. Ses habitudes psycho-sensibles. La profondeur de ses yeux bleus. Sa fatigue. Son invisibilité.

Il aimait pouvoir l’attraper comme on chasserait un papillon nocturne.

Il aimait cela et en avait besoin. C’était une chasse. Un défi. C’était un loup albinos quand lui-même était sans meute véritable. C’était sa colère, sa faim, sa foutue vie. Son humanité.

Il se sentait exister à être à ses côtés. Parce que soudain sa place ici prenait un sens. Une raison.

Et il y avait l’envie. L’envie qui se foutait bien de sa sueur ou des choses qui, pourtant, le dégoûtait habituellement. L’imaginer gémir, même de douleur, lui tordait le ventre. L’imaginer haleter attisait d’un soufflet la pierre brûlante logée dans son bas-ventre. Et ses rêves, grondant comme un incendie, qui le laissait parfois insatisfait…

Parfois comblé d’une jouissance inconsciente dont la trace se lisait sur ses draps.
Et la Pulsion, affolée, qui rugissait « A MOI A MOI A MOI »

Quand ?
Quand la ligne douce de sa cambrure ? De ses reins. De ses fesses. Quand les claquements de leurs peaux ? Quand la succion véritable sur sa bouche ou dans son cou ? Quand les marques de ses ongles courts dans son dos ? Quand la vision de ses cuisses sur ses hanches ? Quand ses geignements ? Quand ses cheveux en désordre ? Quand ses appels pour « Lorgan, Lorgan…. ! »

Quand quand QUAND ?

Le verre éclata dans l’âtre. Et il vit les flammes assoiffées se précipiter sur les restes d’alcool, l’embraser. Dans sa main, la baguette émit un chuintement angoissé. Elle n’aimait pas le feu. Et lui non plus mais il y avait déjà un brasier en lui. Un brasier qu’il ne savait comment combattre. Et qu’il n’avait pas envie d’affronter.

Juste de se laisser mener par lui. Consumer par lui. Pour voir où tout cela aboutirait.

Sans doute pas à la conclusion logique de ses rêves, Lorgan n’était pas vraiment homme à espérer.

C’était seulement amusant, et perturbant de constater qu’il n’était peut-être pas fou – non putain il ne l’était pas. Mais qu’il était définitivement hors caste. Et que sans son masque, il y aurait bientôt de trop nombreux arguments pour le faire lapider, régime Voldemort ou pas.

… La tête du vieux fou quand même, s’il en venait à l’apprendre.

Lorgan eut un ricanement.





« Monsieur Rosenhirsh. » Puis comme une hésitation. « Nicholaus. »


De nouveau les couloirs du QG. De nouveau ce face à face entre eux, devenu presque régulier depuis leur première mission. Lorgan s’avance avec un sourire poli. Il vient de déposer son rendu de mission, peut-être que Nicholaus en a fait de même. Et profite de la présence du crépusculaire pour attirer son attention. Confirmer leur rapprochement.

« Si vous n’êtes pas occupé, j’aimerais vous inviter à boire un verre. »

Il n’est pas de bon ton ici de fréquenter les moindre-sang. Mais Lorgan est tout à fait prêt à évincer les quelques questions curieuses par l’intérêt qu’il y a de garder sous le coude un bouclier de service. Pourquoi Nicholaus serait-il différent après tout pour les autres mangemorts ? Ils ne savent pas que Lorgan s’est fait un plaisir de lui prêter quelques ouvrages. Que sans le traiter en égal, lors des missions, il est tout disposé à lui accorder la confiance nécessaire et de charger à ses côtés, et non pas de s’en remettre totalement à lui. Qu’il y a ces soirs où Lorgan aime partager un verre avec lui, même si c’est dans un pub discret et qu’ils ne prononcent pas leurs noms.

De toute façon, et cela finira sans doute par lui jouer des tours : Lorgan s’en fout.

Parce que tant que la Pulsion est rassasiée son masque est maintenu. Et qu’il vaut mieux avoir des regards sceptiques et méfiants sur son dos que des accusations en place publique pour monstruosité accablante. De la part de ces hypocrites, ça serait fâcheux.




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