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MessageSujet: Rencontre innopinée [Basil]   Lun 17 Mar - 21:16


Procrastination. Un mot que ne connaissait décidément pas Morgane. A vrai dire, si vous prononcez ce mot face à elle, elle éclatera sans doute de rire ou vous regardera sans comprendre. On peut considérer qu'il n'existe pas dans son vocabulaire ou qu'il constitue à défaut une notion vide de sens. Pourtant, le langage de Morgane est étendu, de part sa formation de juriste et sa capacité à vouloir tout connaître. Certains chuchotaient même sur son passage, pendant ses années à Poudlard, qu'elle avait appris chacun de ses livres par cœur. Cela était à la fois flatteur, car cela témoignait de sa bonne mémoire, mais pouvait également être vu de manière négative puisque cela suggérait qu'elle ne faisait qu'apprendre bêtement sans comprendre. Un préjugé que Morgane avait un temps cherché à combattre, avant de laisser tomber. Si ces paroles et médisances avaient pu la heurter quand elle n'était alors qu'une jeune adolescente à fleur de peau et sensible aux regards extérieurs, elle avait rapidement muri et afficher un masque d’indifférence face à ce mépris. Seul comptait pour elle le mérite et la réussite. Rirait bien qui riait le dernier s'était-elle dit pendant longtemps. Elle avait en effet rit, mais presque de dépit lorsqu'elle n'était arrivée que deuxième de sa promotion. Elle qui s'était donné tant de mal pour réussir dans un monde dont elle ignorait tout jusqu'à ses dix ans. Elle avait vécu cet échec comme une véritable injustice et parmi les proches de la jeune femme, nombreux savaient que c'était encore un sujet tabou, à ne jamais aborder. De toute façon, il aurait semblé  puéril d'aborder ce sujet maintenant que tout cela était derrière la plupart d'entre eux.

Morgane était à présent avocate au département de la justice magique et il n'y avait plus besoin de douter de ses compétences. Enfin, tel était l'avis de Morgane malheureusement, les clients se faisaient rares en temps de crise. Ce qui était d'ailleurs étonnant quand on considérait qu'elle était une bonne avocate, ayant été la pupille d'un membre renommé du Magenmagot. Mais il fallait croire que même les célébrités reconnues ne faisaient pas toute une réputation. Et Morgane était encore jeune, assez inexpérimentée. Lorsque les affaires étaient complexes, parfois sujettes à controverse, comment imaginer confier l'affaire à une jeunette dont on ne connaissait même pas l'affiliation ni les affinités aux différentes organisations qui secouaient le pays ?
Une logique qui, là encore, n'était pas comprise par l'ancienne Serdaigle. Si l'on ne me laisse jamais faire mes preuves, comment voulez-vous que je me sorte de ce cercle ? Clamait-elle lorsque des clients frivoles se dirigeaient vers des avocats plus expérimentés.

C'était en pensant à tout cela que Morgane s'était retrouvée dans ce bar de Londres, un verre de whisky pur feu dans la main. Elle avait bien sûr apporté du boulot, une sombre affaire qui ne l'intéressait pas du tout – quand on pense la misère qu'elle était payée en tant qu'avocate commise d'office, il ne fallait pas s'étonner qu'elle ne soit pas intéressée et motivée. D'une certaine manière, sa motivation sans faille commençait à s'effriter au profit du doute et du désespoir. Bien sûr, avocate était avant tout une vocation mais il était évident qu'elle avait besoin d'un salaire convenable, ne serait-ce que pour se payer ses vêtements propres à l'institution dont elle faisait partie. Et elle n'était pas partie pour avoir une carrière fulgurante. Oui, la jeune blonde avait un peu le cafard en ce soir où les clients n'étaient pas très nombreux mais suffisant pour que la jeune femme se sente observée. Quant à l'autre poivrot qui l'avait dragué avec maladresse et vulgarité, elle lui en aurait bien foutu une bonne. Mais l'alcool qu'elle avait ingurgité ne devait pas aider à paraître sèche et invulnérable au contraire. C'est dans ce moment de flottement qu'elle entendit son nom prononcé distinctement. Curieuse, car elle ne pensait pas retrouver quelqu'un de connu ici, elle se retrouva pour observer l'individu qui l'avait interpellé.

[hj: un peu court, désolée, j'espère que ça convient.] 
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Basil Cavendish
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MessageSujet: Re: Rencontre innopinée [Basil]   Lun 12 Mai - 21:44

C'était une grande fille. Une adulte mature et responsable qui savait parfaitement prendre soin d'elle, et cela depuis longtemps. Basil se souvenait encore de la jeune fille qu'elle était à Poudlard. Malgré les critiques, les sobriquets et les coups bas, elle n'avait jamais flanché. Comme tout le monde, elle avait eu ses moments de faiblesse mais elle avait toujours su se défendre et relever la tête. Même quand les attaques venait de là où elle s'y attendait le moins.... même quand l'attaque était venu de lui.

Basil déglutit en replongeant le nez dans son verre. Il n'avait aucunement le droit d'interférer. Elle n'était plus personne pour lui. Plus personne si ce n'était l'avocate qui l'avait humilié trois semaines plus tôt devant une salle pleine de spectateurs trop bavards. L'histoire avait fait le tour du monde magique en moins d'une heure et demi ; à la rédaction de Sorcière Hebdo comme à celle de La Gazette, on ne parlait plus que du péquenaud qui avait eu l'audace de publier un article sur ces sans-abris qui habitaient le voisinage de la célèbre Freya et dérangeaient la richissime chanteuse sorcière ... avant que l'un d'eux ne décide de porter plainte pour les injures dont il estimait avoir été victime. Évidemment, il avait fallut que cela tombe sur elle. Elle qui lui tenait rancune depuis si longtemps... à tort d'ailleurs ! Au fond, ce n'était pas de sa faute si leur histoire avait prit fin ; c'était le destin. La vie. Leur avenir. Il n'avait rien fait d'autre que lire le futur dans les nombres et précipiter un peu les choses pour leur faire gagner du temps à tous les deux. A vrai dire, elle aurait dû le remercier ! ... s'il avait prit la peine de lui expliquer le pourquoi du comment. Etant ce qu'il était, il n'avait jamais trouvé le courage de le faire et s'était contenté de fuir lâchement. Mais gentiment. A part quelques réutilisations de surnoms moqueurs et deux ou trois critiques, il estimait s'être comporté en gentleman à ce moment là. En tout cas, il ne méritait certainement pas la réputation qu'elle lui avait taillé dans le monde de la presse.

« Sale peste ! »
, maugréa-t-il en ingurgitant une nouvelle gorgée de bière.

Qui donc prendrait encore au sérieux un journaliste remis en question par un pauvre clochard ? Hein ? Il lui faudrait plusieurs semaines pour retrouver un semblant de crédibilité. Mais elle le savait très bien puisqu'elle l'avait fait exprès. Peut être même avait-elle supplié son patron de lui laisser l'affaire en reconnaissant son nom ? Le poufsouffle soupira en reposant doucement son verre. Il détestait cette idée. Celle que son ... ex... ai voulu lui faire du mal. Non pas parce qu'elle impliquait que quelqu'un veuille lui nuire mais parce qu'elle sous tendait que la personne qu'il avait autrefois chérit, estimé et respecté était aujourd'hui malveillante. Imaginer la Morgane qu'il avait connu en train de formater des plans machiavéliques contre lui était presque physiquement douloureux. Surtout quand son esprit le conduisait à penser que... non. Ce n'était pas de sa faute. Seul le destin était responsable de leur échec. Point barre. Il n'avait strictement rien à se reprocher, contrairement à elle. Et elle aurait mérité qu'il se détourne pour la laisser se débrouiller avec le poivrot qui revenait à la charge. Ce n'aurait été qu'un juste de retour des choses ! Pourtant...

Pourtant il ne réussit pas à détacher ses yeux du quadragénaire bedonnant qui se rapprochait dangereusement de la table de Morgane. Sa Morgane. Enfin, son ex-Morgane. Même si techniquement, n'en ayant trouvé aucune portant le même prénom depuis, elle demeurait sa Morgane de référence. Donc sa Morgane quand même. Enfin bref ! Il avait beaucoup de mal à rester assis là, le nez faussement plongé dans son verre, tandis qu'un pauvre alcoolo menaçait de lui faire partager haleine douteux, blagues vaseuses et pelotages indésirables. Elle méritait vraiment d'être humilié comme il l'avait été... mais pas comme ça.

Sans réfléchir une seconde de plus et sans prendre la peine de finir son verre, il bondit de son siège pour accaparer le tabouret à sa droite.

« Morgane ! Quel plaisir de te voir là ! Ca va ? »

Il pivota la tête sans aucune discrétion pour s'assurer que l'ivrogne se décourageait. Moue grognon, juron à peine contenu, regard qui se détourne vers la prochaine cible - à savoir une rouquine qui avait à peine dix sept ans (pauvre demoiselle) .... parfait ! Mission accomplie. Enfin presque...

« T'inquiète pas, je reste pas.», reprit-t-il en laissant tomber son faux masque de jovialité. « Je suis aussi ravi que toi d'être là. Mais pendant que j'y suis, je peux en profiter pour te remercier. Si, si, j'insiste ! Merci infiniment de m'avoir grillé au près de la presse people ! Et des autres aussi d'ailleurs. J'espère que savoir que j'ai perdu plusieurs rendez-vous, plusieurs scoops et plusieurs jobs t'aide à mieux dormir le soir. Si je me fie au verre que tu tiens dans la main ce n'est pas le cas mais, sait-on jamais. »

Il regretta presque aussitôt d'avoir fait allusion à sa boisson alcoolisé. Il imaginait bien le train de vie qu'elle pouvait mener en ces temps difficiles et s'en moquer était bas... très bas. Et indigne d'un Poufsouffle.

« Excuse-moi »
, marmonna-t-il de mauvaise foi, peut être pas assez fort pour qu'elle comprenne distinctement chaque mot. « Il a l'air d'avoir trouvé une autre distraction. » ajouta-t-il en désignant du menton le pochtron accaparé par la rousse. « Alors... salut. »

Et il s'empressa de se lever dans l'intention de fuir loin, très loin d'ici. Fuir ses contradictions, ses doutes et sa tentation d'en rajouter une couche. De toute façon, c'est toujours ce qu'il avait su mieux faire.... fuir.

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MessageSujet: Re: Rencontre innopinée [Basil]   Mer 14 Mai - 21:15

    « Morgane ! Quel plaisir de te voir là ! Ça va ? »

    Parmi les personnes à qui Morgane ne souhaitait pas parler ce jour là, Basil se trouvait sans doute en tête de liste. Pourtant, ce n'était pas comme si elle n'avait pas cherché à l'éviter le plus possible, ces dernières années.
    Tout avait commencé il y a de cela dix ans – peut-être un peu plus, peut-être un peu moins, Morgane n'avait pas les idées suffisamment claires ce soir là pour s'en rappeler réellement. Ils étaient sortis ensemble, fut un temps. Un temps long, pour Morgane, le temps au bout duquel on se demande si l'on ne va pas finir par construire quelque chose avec cette personne, que l'on commence à connaître d'avantage. Pourtant, quelque chose était venu progressivement assombrir leur relation, une chose que l'on ne pouvait décemment freiner, quelque soit les ardeurs que l'on y mettait pour. Le temps et la distance. Basil, d'ici peu, allait être diplômé, il partirait de Poudlard pour suivre une carrière de journaliste. Plein de rencontres nouvelles, une nouvelle vie somme toute. Une année entière où Morgane ne serait presque pas présente. Peut-on vivre à distance de quelqu'un que nous aimons pendant un an ? Morgane, qui se posait la question, n'avait pas prévu la manière dont la répondre adviendrait.
    Brutale, cette chute fut brutale. C'était Basil qui avait interrogé les astres, les maths - à moins que ce ne soit les feuilles de thé, quelle importance ? - sur leur avenir commun. Échec de la relation programmée. Il n'avait pas perdu de temps, avait coupé les ponts avec Morgane. « Pour son propre bien », c'était l'excuse officielle qu'il lui avait donné, trop lâche pour qu'elle découvre la vérité, la véritable raison de la rupture. La jeune femme détestait cette phrase, qu'elle avait souvent entendu par le passé. Elle ne devait pas chercher à en apprendre d'avantage pour son propre bien. Elle devait cesser d'être si hautaine avec les autres pour son propre bien. Elle avait beau être la seconde major de promotion d'avocate, elle n'avait pas eu de belles affaires, pour son propre bien. Tant de choses que les gens avaient faussement interprété, se jouant de ses désirs personnels. Oui, Morgane détestait bien cette phrase là et à ce moment là, elle avait détesté Basil comme jamais. Il fallait la comprendre, après tout: Elle était amoureuse. Vraiment. Ce n'était pas son premier petit copain, certes, mais c'était celui pour lequel elle avait ressenti un truc. Vous savez, ce sentiment qui vous prend parfois aux tripes, vous faisant faire des crises d'angoisse la nuit. Ce sentiment si inexplicable, qui vous faisait parfois douter puis aussitôt sourire, d'un sourire niais dégoulinant .. de niaiseries. Niaiseries, niaiseries, niaiseries. Ce sentiment que l'on appelle l'amour.
    Alors oui, elle avait tenté de l'oublier. La première rupture amoureuse fait toujours mal. A y repenser, peut-être cela lui avait couté la place de major de promo à Poudlard. Morgane aimait à penser ainsi, cela lui permettrait de dédramatiser un peu l'évènement, de prendre du recul, de ne pas faire face à son propre échec. C'était sans doute mieux ainsi. La plaie béante dans son cœur s'était refermée, elle avait presque oublié Basil. Presque. Il avait fallu qu'un jour – quand était-ce ? Il y a un mois, un peu moins peut être – ils se recroisent. Lors d'un procès, tout ce qu'il y a de plus banal. Si ce n'est qu'elle était en position de force. Son client – un pauvre sans-abris qui n'avait pas grand chose à lui offrir excepté l'aide judiciaire et la compensation donné aux avocats lorsque leurs clients n'étaient pas assez fortuné – avait été offensé par de graves insultes portés par un journaliste. Morgane ne lisait pas la presse à scandale, ce genre de potins ne l'intéressaient guère, elle avait cependant eu vent de l'affaire. Quelle surprise – désagréable, surprenante, dérangeante – d'y retrouver le nom de Basil. Un sourire mauvais, mesquin, s'était alors dessiné sur son visage. Elle était mature désormais, pleine d'assurance.. Mais le plaisir de savoir qu'elle pouvait s'attirer une victoire large et surtout qu'elle pouvait enfoncer un peu Basil comme lui l'avait fait avec elle lui avait donné de l'intérêt pour cette affaire. Elle avait gagné, en dominant par sa prestance. Quelle fierté, pour elle !

    Et voilà que maintenant, il se trouvait ainsi, assis à côté d'elle, dans ce bar minable. Côté positif, il l'avait débarrassé de l'ivrogne. Point négatif, elle était ivre et pas en état de tenir une discussion – à moins que cela ne fusse un règlement de compte ? - avec lui. D'ailleurs, dès que l'abruti fut parti, son ton ravi et jovial laissa la place à un visage sec, énervé. Il y avait de quoi mais pourquoi donc venait-il donc l'embêter, avec son histoire ? Il avait perdu, elle avait gagné, point. Rien d'autre n'avait d'importance. Certes, elle lui avait sans doute fait du tord, mais il l'avait cherché, c'était son métier après tout. Lorsque sa tirade fut finit, elle soupira. Ses idées étaient trop vaporeuses pour qu'elle formule un argumentaire logique et cohérent mais elle était sans doute encore en capacité de lui répondre. Il ne lui en laissa pas le temps. Une fois le gros lourdeau parti, une fois sa colère exprimée, quel intérêt avait-il a rester ? Aucun, visiblement, puisqu'il s'en allait déjà.
    D'un geste brusque, plus rapide qu'elle ne l'aurait pensé, elle posa sa main sur son bras. « Attends ! » dit-elle d'une voix que l'alcool avait rendu grave, rauque. Elle n'attendit pas qu'il se retourne, il fallait qu'elle parle vite si elle voulait le retenir. « Tu ne partirais tout de même pas avant de recevoir mes plus plates excuses, pas vrai ? » dit-elle, en essayant d'insuffler dans ses paroles un ton ironique. Elle espérait qu'il reste, qu'il se rassoie. Elle lui indiqua du regard le siège qu'il venait de quitter. Qu'avait-il à perdre, du temps ?
    On a toujours du temps pour ceux que l'on aime. Ou que l'on aimait.
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MessageSujet: Re: Rencontre innopinée [Basil]   Ven 30 Mai - 21:16

C'était louche. Très louche... Mais après tout, ne faisait-elle pas partie de ces gens dont la profession est d'entourlouper les autres ? De ceux qui parlent pour endormir la méfiance de leur victime, la convaincre des pires absurdités sans qu'elle même n'en n'ait conscience et lui faire accepter que le soleil se lève à l'ouest et que le soleil se couche à l'est avant qu'elle n'ait eu le temps de dire souaffle ? A moins que ce ne soit le contraire. Est ou ouest ? Basil ne savait jamais. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir inventé 7 ou 8 techniques de mémorisation pour essayer de s'en rappeler ! ... en vain. A un moment, il l'avait su. Grâce à Morgane. Elle avait toujours été une championne des mémo-techniques. Puis, ils s'étaient quitté. Et il avait oublié. Il avait effacé connaissances, bonnes idées et astuces comme on se débarrasse des affaires qu'un ex abandonne au milieu du salon. Sans doute étaient-ils trop lourds de culpabilité ? De tous ces reproches qu'il lui avait balancé à la figure au moment de se quitter. Miss-je-sais-tout... venant de quelqu'un qui en avait bien profité (et était même arrivé à l'apprécier), c'était Sainte-Mangouste qui se foutait de Collateral Damages. Et pourtant, il l'avait dit. Mais jamais pensé... pas avant leur confrontation au tribunal en tout cas.

Depuis, il avait eu le temps de revoir son jugement. Une avocate qui ne cherchait à avoir raison que pour l'humilier ne méritait-elle pas d'être appelée Miss-je-sais-tout ? Bien sûr que si. Et cette même sorcière qui avait profité de son succès et s'était assise sur les dommages infligé à son adversaire méritait-elle qu'il accepte de boire un verre à ses côtés ? Ou même qu'il la protège d'un ivrogne en manque de sensations (pour dire ça poliment) ? Pas vraiment. Et pourtant... Les commissures de ses lèvres tremblèrent tandis qu'il l'observait de pied en cape sans mot dire. Il aurait aimé voir une jeune femme orgueilleuse, hautaine, fière de son succès et entourée d'amis aux noms célèbres qui la complimenterait. Une femme qu'il pourrait détester, mépriser et contre laquelle il pourrait déchaîner sa colère. Mais sous ses yeux, il n'y avait qu'une jeune fille seule et fatiguée qui avait visiblement bu un verre de trop. Ou deux. Personne qu'il ne puisse exécrer en tout cas. Personne à qui il puisse tourner le dos froidement après une tirade moqueuse et cruelle. S'en souviendrait-elle seulement ?

Avec un soupir, il fit une croix sur ses envies de vengeances mélo-dramatiques et se rassit à côté d'elle. Cela attendrait un autre jour. Lorsqu'elle serait sobre et en pleine possession de ses moyens. Et lui d'humeur à mener une bataille. Contrairement à ce qu'elle pensait peut être, c'était plus pour relancer la conversation que par réelle méchanceté qu'il avait reprit d'un ton taquin et un peu amer :

« T'excuser ? Pourquoi est-ce que tu ferais ça ? Après tout, t'as obtenu ce que tu voulais, non ? Ton nom a fait le tour du ministère, ou en tout cas de notre profession, et dans quelques mois tu pourras plaider pour des causes plus nobles qu'un pauvre sans abri heurté par quelques phrases dans un journal. »

Parce que non, il n'avait rien dit de vraiment insultant ! Juste que lui et ses copains ne sentaient pas la fleur de lys et dégradaient l'environnement de la célèbre chanteuse avec les détritus qu'ils appelaient leurs bagages. Et ce n'était que la vérité, rien de plus, rien de moins.

« D'ailleurs, il parait que t'as déjà de nouveaux clients. » poursuivit-il en parcourant la carte du bar des yeux... avant de soudainement les reposer sur elle avec une nouvelle lueur intéressée. « Les rumeurs sont vraies ? », demanda-t-il sans oser citer le nom du sorcier important qui serait soit-disant venu la voir, si on se fiait aux ragots. Il baissa encore la voix : « Il voulait quoi ? C'est à propos de ce qu'on murmure sur lui dans les couloirs ? Sur ses relations avec... tu sais. Il t'en a parlé ? Tu sais quelque chose ? Tu va l'aider ? Ca pourrait être dangereux mais à la fois tellement passionnant ! Travailler avec un homme pareil sur un sujet pareil c'est... »

Son sourire se fana aussi vite qu'il était apparu. Ses réflexes de journalistes avaient encore frappé. Comme toujours. Sauf qu'il était en présence de la mauvaise personne. A quoi bon lui parler de ses envies d'articles ? Elle les briserait avant qu'il n'ait eu le temps d'écrire un mot. Ou trouverait un moyen de les lui faire payer à prix coûtant après leur parution. Grumpf... Il reporta les yeux sur la carte en se renfrognant.

« Un hydromel s'il vous plaît. »

Oui, tout ça pour ça. Il poussa un nouveau soupire puis murmura entre ses dents, comme forcé :

« Si c'est vrai, je suis sûre que tu t'en sortiras très bien. »

Pourtant, personne dans la pièce ne lui avait lancé d'impero. Un sortilège de confusion peut être ? Parce que lui même n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle il lui avait fait ce semblant de compliment. Ni d'où il sortait. Il savait juste qu'il contenait - heureusement ou malheureusement - une parcelle de vérité. Morgane s'en sortirait très bien. Elle avait ce qu'il fallait pour ça... aussi amer et difficile que soit cet aveu.

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Rencontre innopinée [Basil]

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