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MessageSujet: [Périple] Make it stop || Couz-Couz   Mar 17 Déc - 17:02


Make it stop


15 Décembre 1978


Une collègue ? L'emploi du féminin avait légèrement fait tiquer le jeune homme qui était plus habitué à travailler avec des homologues masculins sur ce genre de mission. Pas qu'il allait s'en plaindre, loin s'en faut, évidemment. Ca le changerait un peu, et puis avec de la chance, elle serait pas trop mal, et peut-être qu'il pourrait en profiter un peu. Même si évidemment ça ne restait absolument pas son objectif et que simplement parvenir à remplir sa mission lui irait parfaitement. Ceci dit, c'était bien mignon de le coller en mission avec quelqu'un, mais ces boulets de l'administration avaient bien sûr oublié de préciser le nom de sa future collègue. Alors quoi ? Il était censé le deviner ?
Il lâcha un grognement avant de plier soigneusement le papier pour le ranger dans un tiroir de son bureau. Après ce qu'il s'était passé à la douane et tout le bordel qu'il avait provoqué, il avait été assigné deux semaines à travailler derrière un bureau. Il allait donc pas trop se plaindre non plus. Sans doute avait-elle eu pour sa part son nom et pourrait-elle ainsi le contacter. Dans tous les cas il était plutôt content que les enquêtes en interne lui aient donné raison. Ca lui permettrait de retrouver le terrain sur une mission qu'il connaissait déjà et il n'aurait pas besoin de poser des questions. Surtout que ses supérieurs aimaient pas trop trop quand on leur en demandait trop. Qu'ils s'attendent à ce que leurs agents se montrent indépendants étaient une chose, mais les lâcher dans la nature sans précision en était une autre.
Se penchant en arrière dans son fauteuil, il posa les pieds sur son bureau et croisa les bras derrière sa nuque. Il avait plus qu'à attendre alors. Il ferma les yeux.

Pof.
Le jeune homme ouvrit un œil et se frotta le front certain d'avoir senti un truc s'y cogner, regardant ce qu'il venait d'arriver. Lorsqu'il baissa son regard, il pu voir une note plié sur ses genoux, en forme d'avion. Visiblement il avait vu juste. Ou alors son supérieur s'était rendu compte de sa bêtise et lui communiquait le nom. L'un dans l'autre, ça ne changeait pas grand chose. Prenant le papier, il le déplia et regarda la note un instant. C'était bien sa future collègue. Une note pour se mettre d'accord sur le moment où ils interviendraient. On pouvait dire qu'elle ne perdait pas de temps en tout cas, puisque visiblement elle voulait régler ça au plus vite. Comme si ça allait être si simple.
Bah, on sait jamais, après tout.
Il se redressa et reposa ses pieds au sol pour attraper un encrier et une plume, griffonnant une réponse rapidement de son écriture un peu illisible pour quiconque n'y était pas habitué. Elle se débrouillerait bien pour déchiffrer tout ça, ça n'était pas son problème à lui. Il s'étira et regarda l'heure. Bon, il était grand temps pour lui de partir. Il la retrouverait le surlendemain en fin d'après-midi dans un pub moldu d'Inverness, afin de se rapprocher de la localisation du trafic. D'accord, ils seraient sur la mauvaise côte, mais ils seraient toujours plus proche qu'en partant de Londres. Bon, il avait quelques petits trucs à préparer pour demain. Il espérait que sa collègue aurait la présence d'esprit de l'imiter (d'ailleurs il lui avait conseillé de le faire sur sa note). Enfin, après ça ne serait pas son problème. Si la mission foirait, ça serait de sa faute.

Il attendait tranquillement assis sur un tabouret, faisant face au bar et au verre de whisky qui était posé juste là. Ne pas boire pendant le service ? Bah, c'était pas avec ça qu'il allait prendre des risques. C'est qu'il avait une bonne descente pour un anglais, fallait pas croire. Bien sûr, il aurait peut-être préféré prendre un peu de vodka, en souvenir de ses jeunes années, mais il était dans le pays fabricant de cette boisson aux éclats ambrés, alors autant en profiter.
Il leva son verre pour en boire une gorgée quand la porte du pub s'ouvrit. Son regard se tourna vers la personne qui venait d'entrer et il retint un grognement lorsqu'il vit que ce n'était pas sa collègue. Car s'il était vrai qu'il ignorait à quoi elle ressemblait, il doutait qu'elle se présente sous l'apparence d'un homme imposant et chauve, à la barbe rousse. Il se tourna à nouveau pour revenir à son verre qu'il souleva, jusqu'à ce qu'il regarde sa montre. L'heure approchait, elle ne devrait donc plus tarder. Ils auraient quelques petits choses à mettre au point et ils pourraient démarrer la mission dans la nuit déjà tombée sur la Grande Bretagne.
Les joies de l'hiver.
Finalement, quelqu'un finit par s'approcher de lui et s'assit à ses côtés. Il avait l'avantage d'être facilement repérable pour quelqu'un ayant connaissance du monde sorcier, car si aucun signe n'était vraiment visible, le cuir de sa veste avait cette particularité qu'on ne trouvait que dans le monde sorcier. Celle d'appartenir à un dragon.
Il en déduit en tout cas qu'il devait sans doute s'agir de sa collègue et se tourna vers elle, un sourire en coin. Pile à l'heure.
« Quelle ponctualité. Je vous offre un verre peut-être ? On devrait aller discuter dans un coin un peu plus intime du pub. »
Pourquoi sa proposition semblait si peu innocente ?
Pourtant ils n'allaient pas parler de ça devant le barman. Il fit d'ailleurs un signe à celui-ci de la main assez rapidement. « Je vais reprendre un whisky, et pour la dame, ça sera.... » Il lui laissait évidemment l'occasion de parler pour elle-même. Elle était grande après tout. Il sortait déjà un billet d'argent moldu en tout cas, prêt à régler la note et se lever pour rejoindre une table un peu à l'écart de la foule. La salle commençait à se remplir, même s'ils avaient de la chance : ce n'était pas le pub le plus fréquenté de la ville pourtant importante.
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Célène Fraser
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MessageSujet: Re: [Périple] Make it stop || Couz-Couz   Jeu 19 Déc - 1:13

Make it stop



« Mon courrier. »

Le nez sur un rouleau de parchemin déplié, Célène tendant la main, paume ouverte, vers le préposé sans même lui jeter un regard. Rituel quotidien depuis presque six ans. Quand on ne le leur distribuait pas en réunion, les Langues-de-Plomb récupéraient leur paperasse auprès d’un employé délégué spécialement pour ce fait, lui aussi soumis au Secret. C’était le moyen le plus sécurisé que le Département avait trouvé afin qu’il n’y ait plus aucune fuite, l’affaire Rookwood en ayant ébranlé plus d’un.

Accaparée à traquer la moindre faute de syntaxe du rapport qu’elle devait rendre le matin même, la jeune femme mit quelques secondes à se rendre compte que ses doigts restaient désespérément légers.


« Eh bien ? » réclama-t-elle, agacée, tandis qu’elle daignait enfin relever le menton.


Elle haussa un sourcil devant l’air rembruni de son interlocuteur. Les grands yeux marron du petit blond malingre lançaient des éclairs de protestation. Patrick était quelqu’un d’ordinaire assez jovial, bien que peu loquace – qualité appréciable au niveau 9 - aussi se demanda-t-elle ce qui lui arrivait ce matin. Deuxième sourcil en l’air. Nouvelle œillade fulminante. Etait-il possible que … ?


« Bonjour ? » tenta-t-elle, au cas où, faisant mine de se radoucir.


Un sourire remplaça la grimace hargneuse du jeune homme avant qu’il ne lui tende un rouleau de parchemin. Comme quoi, il suffit parfois de peu de choses. Triviales. Une perte de temps, se dit-elle tandis qu’il lui rendait la politesse et s’en retournait à ses occupations.

Célène décacheta ce qu’elle reconnut d’emblée comme un ordre de mission, ainsi que le révélait le sceau rare qui en ornait la bordure. Au fur et à mesure de sa lecture, ses paupières se plissèrent jusqu’à ne plus former pratiquement que deux fentes.

Elle retint de toute justesse un « Putain ! » très seyant et sa variante « C’est une putain de blague ?! » toute aussi fleurie. Il fallait savoir une chose chez la jeune femme : si elle tolérait un peu mieux ses semblables ces derniers temps, elle ne recherchait pas pour autant plus que ça leur compagnie.

Alors qu’Athenya en personne l’envoie salir ses bottes avec un type du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques qu’elle ne connaissait ni de Morgane ni de Merlin, au cas où Fellow ne l’encombrerait pas assez, en Ecosse qui plus est, pays qu’elle évitait au maximum, autant dire qu’elle l’avait mauvaise. Il était d’ailleurs probable que si elle n’avait pas été si bien conditionnée et que si elle avait eu moins de respect pour sa directrice, elle se serait ruée dans son bureau pour lui rappeler qu’elle n’était pas un larbin de première année.

Comprenez que la Miss Fraser avait une certaine opinion de son statut à défaut de sa personne.

Au lieu de ça, elle se dirigea vers sa propre office et tandis que le ballet des rouages de son cerveau commençaient à se mettre en branle, elle se saisit du nécessaire afin de contacter ce … Greyshnock ? Ah non, Greystock. Célène passait un certain temps dans les services des différents Départements, - parfois sous sa vraie identité, parfois masquée, suivant la situation – mais n’avait jamais entendu parler de lui. Quelques recherches s’imposaient.

Rendez-vous pris pour le 15 décembre, soit cinq jours plus tard. Elle attendit sa confirmation tout en feuilletant le dossier qu’elle avait pu récupérer sur ledit Aleksander. Ce qu’elle y découvrit ne lui plut guère ; ancien élève de Durmstrang, fils d’expatriés anglais, revenu seul sur le sol britannique en milieu d’année pour des raisons non révélées … Elle avait commencé à tiquer sur ce passage. La suite était pire. Ex-chasseur de dragons, membre du Bureau de Liaison du Marché Noir … Elle ruminait ces dernières révélations quand elle reçut sa missive. Quasi illisible. De mieux en mieux. Pompon sur la Tamise.

Les lèvres tordues en une moue courroucée, elle lâcha le morceau de papier. Avant même d’avoir débuté, cette mission l’emmerdait déjà. Ou pour être plus précis, sans l’avoir rencontré, elle l’avait déjà dans le nez.


-¤-


Inverness était aussi pullulante de monde qu’elle s’y était attendue. Qu’elle en avait le souvenir. Dix-huit ans qu’elle n’avait plus mis un pied dans cette grosse capitale des Highlands. Pour tout dire, l’échéance aurait même pu être repoussée davantage si la ville n’avait pas été aussi pratique, cette partie de l’Ecosse ne disposant que de peu de lieux de rencontres suffisamment discrets pour une telle rencontre.

Elle avait pris le train. Comme n’importe quelle moldue. Un portoloin lui aurait demandé trop de démarches qu’elle avait préféré, pour cette fois, s’épargner. Peut-être parce qu’elle n’était guère pressée. Elle n’était pas montée dans ce genre de moyen de transport depuis Poudlard et avait retrouvé le plaisir de passer plusieurs heures à contempler le paysage, oubliant ses sempiternelles contraintes de temps, de rendement, les ruelles sombres, le masque, les précautions …

Ce fut donc d’une relative bonne humeur – après quelques détours non prévus mais rentrant parfaitement dans son timing bien rôdé – qu’elle débarqua dans le bar – moldu, lui aussi – où elle avait donné rendez-vous à son collègue.

Le bas de son visage dissimulé par une épaisse écharpe de laine, elle observa autour d’elle. Sans être un infâme troquet, l'endroit ne respirait pas exactement la fraicheur d’un salon de thé. Hommes et femmes discutaient en groupe, tantôt à voix basse, tantôt en riant avec exagération. Quelques bribes de gaélique vinrent même grincer à ses tympans. Sensation assez désagréable, s’il en est. Elle fut presque soulagée de reconnaître son comparse au bar. Car, aucun doute, c’était bien lui. Le cuir usé de sa veste avait une caractéristique magique qui ne pouvait échapper qu’aux moldus. Ce détail manquait néanmoins de prudence. Et si quelqu’un l’avait surpris, hum ?


« Mr Greystock. » introduisit-elle sommairement alors qu’elle le rejoignait. « Celia Freedman. »

Ses traits entièrement dévoilés maintenant qu’elle avait sorti le menton de la laine révélaient bien moins de cordialité que ceux du jeune homme, à l’image du ton qu’elle avait employé. Elle lui serra tout de même la main, soucieuse de ne pas se montrer d’ores et déjà désagréable. Elle en était à son second avertissement et le blâme lui pendait au nez si elle continuait à ce train-là.


« Quelle ponctualité. Je vous offre un verre peut-être ? On devrait aller discuter dans un coin un peu plus intime du pub. »

Elle se raidit imperceptiblement, regard interloqué à l’appui.


« Oui je suis toujours à l’heure. Par contre, je ne suis pas sûre qu’il soit très judicieux de … »


Celia Freedman était une écossais de souche, employée au Département de la Justice Magique, brigadière discrète mais efficace appréciée de sa hiérarchie. Elle faisait bien son travail sans se faire remarquer. Sans faire de vagues. La Célène Fraser qui se cachait sous le nom d’emprunt, elle, bouillait de lui dire que c’était peut-être le lieu mais absolument pas le moment de boire. De l’alcool qui plus est ! Et qu’est-ce qu’il entendait par « un coin un peu plus intime » ? Pourquoi ce petit sourire en coin ? Bordel ! Il était sérieux, là ?!

Au prix d’un effort colossal, la Langue-de-Plomb parvint à contenir sa bile et son regard mauvais et se contenta de terminer sa phrase par un :


« … La même chose que monsieur. Blended malt, si possible, mas e bhur toil e. » ne put-elle s’empêcher d’ajouter automatiquement.


Elle laissa Aleksander régler la note puis, ils allèrent s’installer dans un box assez écarté sans trop l’être, à l’abri des oreilles et des regards indiscrets sans non plus paraître faire de mystères. Equilibre parfait. Pour ce qui était de leur duo, en revanche, c’était une autre affaire. Déroulant son écharpe, elle rajusta sa veste de cuir simple d’un geste machinal avant de prendre une première rasade de whiskey.


« Bien. » reprit-elle presque aussitôt. « Connaissez-vous un peu les Highlands, Mr Greystock ? Le Clan Mc Fusty ? En quelle qualité avez-vous été mis sur ce dossier ? Non pas que je doute de notre Ministère, mais rien n’était précisé dans mon ordre de mission et j’aime bien savoir avec qui je collabore, voyez-vous. J’ai d’ailleurs déjà pensé à un plan d’action. »


Habituellement, la jeune femme ne parlait pas autant. Surtout pas à peine les présentations faites. Mais quelque chose - elle n’aurait su dire quoi - la perturbait quelque peu chez son interlocuteur. Enfin, ça, elle pouvait aisément s’en défaire d’ici quelques instants. Non, la vérité était que plus vite ils auraient commencé, plus vite ils pourraient débuter le travail qui leur avait été confié.

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Dernière édition par Célène Fraser le Dim 19 Jan - 16:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Périple] Make it stop || Couz-Couz   Mar 7 Jan - 12:41


Make it stop


Fort heureusement, personne ne l'avait surpris. Il était bien connu que les moldus étaient trop aveugles pour pouvoir faire la différence entre du cuir de vache et du cuir de dragon, là où ça sautait aux yeux au jeune homme et à un certain nombre de sorcier. Tout le monde n'était pas forcément très observateur sur les matières constituant les habits de leur pairs. Au moins, une chose qu'on pouvait reconnaître à Aleksander, c'était qu'il n'avait pas la même manie que beaucoup de sorciers qui consistait à s'habiller en des couleurs pour le moins voyante lorsqu'il s'agissait de se glisser dans le monde moldu. Combien de ses collègues se retrouvaient avec des pulls d'un violet flashy lorsqu'il s'agissait de se rendre incognito dans un lieu bondé d'être non-magique ? Bien trop à ses yeux. Il était donc loin d'être la personne la plus remarquable quand il s'agissait de se fondre dans la masse.
Ceci dit, il observa sa collègue, et hocha doucement la tête quand il l'entendit prononcer son nom. Apprécia celui de la jeune femme qui était des plus charmants. Et il s'en suivit un début de conversation pour le moins intéressant.
Aleksander haussa un sourcil au début de protestation de la jeune femme.
Oh, come on, ça n'allait pas la tuer d'accepter un verre. Ce n'était pas comme si ça allait altérer toutes ses capacités de jugement et d'action. Et puis ils allaient parler un peu, et ne boiraient probablement pas très vite. Aussi l'alcool n'aurait probablement pas le temps de monter. Même si pour le brun il s'agirait de son deuxième verre. Bah, il avait un peu l'habitude, ça ne devrait pas poser de problème. Après si la jeune femme ne voulait pas boire, ce n'était pas un problème pour lui. Il n'était pas du genre à pousser les gens à la consommation. Mais ça leur permettrait de se détendre un peu, ce qui n'était pas un luxe avant ce type de mission à son avis. Etre trop tendu pouvait facilement conduire à commettre des erreurs, à ne pas remarquer des détails importants en se focalisant trop sur ce qui nous préoccupe... Il y avait une différence net entre la tension et la concentration, mais certains avaient tendance à confondre les deux, ou du moins à les associer.

Il apprécia l'accent écossais de Célia lorsque finalement elle décida d'accepter, et cacha la pointe d'étonnement qui le saisit lorsqu'il comprit les mots ajoutés par politesse à la fin de la phrase. Etrange. Il ne se souvenait pas avoir déjà entendu ça quelque part. Surtout qu'il ne saurait dire de quelle langue il s'agit, mais en tout cas le barman sembla comprendre. Peut-être une langue du coin ? Il ne s'était pas trop renseigné et s'était contenté de toujours parler anglais, peu importe où il allait, et ça s'était toujours très bien passé. Mais il ne voyait pas très bien comment il pourrait connaître ces termes.
« Bon choix. » Connaisseuse ? Hum. Il semblerait.
Il ne tiqua pas trop sur le fait qu'elle change d'avis sans qu'il ait à argumenter. De toute façon elle aurait été mal placée de le réprimander devant l'homme qui les servait de boire en mission, ou avant l'une d'elle. Après tout il fallait faire profil bas.
Le barman lui dit le montant et il hocha la tête.

Il sortit des livres écossaises de sa poche et régla la note sans problème. Il aurait sans doute pu utiliser des livres anglaises, mais il avait pour habitude de toujours utiliser la monnaie locale, et faisait en sorte de l'avoir en main. Ceci fait, il récupéra son propre verre et prit la suite de Célia qui choisit la table. Bon choix. Il s'installa à sa suite et déposa son sous-verre et son verre par dessus, avant de s'asseoir. Il la laissa entamer la conversation, se laissant aller en arrière sur la banquette, un bras posé sur le dossier de celui-ci, l'air visiblement décontracté. Il se sentait assez dans son élément, actuellement, et il était probable que ça soit aussi le cas lorsqu'il se trouverait sur le terrain.
Ceci dit, il n'avait pas particulièrement envie de répondre aux questions que la jeune femme posait dans l'immédiat, plus curieux au sujet du plan qu'elle évoquait. Notamment en quel qualité il avait été mis sur cet affaire. Il resta silencieux un instant, jouant avec le liquide dans son verre avant d'en boire une gorgée qu'il fit joué sur ses papilles avant de l'absorber, brûlant sa gorge.

Il pinça les lèvres et passa sa langue sur celle-ci pour absorber l'alcool qui restait dessus. Bien. Son regard accrocha son verre avant de se relever vers Célia.
« Un plan ? Ca me semble intéressant. Je suis prêt à vous écouter. »
Il l'observa un instant, en la fixant, la main posée sur la table et tenant toujours son verre. Ses doigts tapaient contre le simili-cuir usé de la banquette du bar. « Je me ferais ensuite un plaisir de répondre à vos question auxquelles, je ne doute pas, vous aurez eu la bonne foi de répondre avant moi dans un échange pour le moins équitable. Puisque je n'ai guère eu plus d'informations que vous dans les faits. »
Aleksander était quelque peu méfiant quand il s'agissait de donner des informations personnelles. Il n'était pas de ces personnes à s'étaler sur sa vie, et si le ministère avait jugé qu'il n'était pas nécessaire de donner plus d'informations à son sujet, c'était que ce n'était pas nécessaire. Mais si elle y tenait vraiment, ça n'avait pas vraiment d'importance au final. Ce n'était pas comme s'il s'agissait de secrets particulièrement honteux ou dangereux pour lui. Après il était vrai que savoir que le jeune homme possédait sa petite influence dans le milieu pouvait se révéler utile.
Son comportement était typique de ce milieu, ceci dit. Aucune information ne s'obtenait gratuitement, et pour créer un lien de confiance entre deux personnes, il fallait toujours donner quelque chose. Rien n'était gratuit, tout avait sa valeur.
Son comportement était par la même soudainement bien plus sérieuse et professionnelle. C'était un peu dommage d'être aussi axée sur le travail pour une fille comme elle, mais tant pis. Ils étaient tous les deux là pour ça de toute façon.

Il la regardait donc, attendant qu'elle parle. Puisque visiblement elle avait tant de choses à dire.
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MessageSujet: Re: [Périple] Make it stop || Couz-Couz   Lun 20 Jan - 21:21

La jeune femme avait déjà eu affaire aux sorciers du Bureau de Liaison du Marché Noir. La plupart du temps sous son masque de Langue-de-Plomb mais aussi parfois à visage découvert. Les réactions face à ses demandes étaient aussi diverses que variées. Il y avait les vieux de la vieille à qui on le faisait pas, les zélés toujours ravis de « contribuer à la sécurité du territoire », les administratifs qui réclamaient tel ou tel papier – un comble quand on voyait dans quel type de service ils travaillaient quand même ! -, les curieux, les craintifs, les hostiles … Que ce soit en se retrouvant face à un visage dissimulé portant l’estampille du Département des Mystères ou devant les traits d’une jeune femme, ils réclamaient tous une chose : du donnant-donnant. L’inexistence légale de leur service leur permettait ce genre de fantaisie.

Au fur et à mesure des années, Célène s’y était fait quelques contacts non négligeables, un nombre réduit mais utile dont tous avaient un point commun : ils lui faisaient confiance. Cette estime qui ne s’acquérait qu’au fil du temps et qu’elle avait su obtenir.

A l’image de celle qu’elle devait obtenir avec ce Greystock si elle voulait que leur collaboration se déroule au mieux.

L’inconvénient était que le contexte étant particulier, le temps ne jouait pas en sa faveur. Elle n’avait donc d’autre choix que de rentrer dans son petit jeu.

Ravalant son exaspération naissante et le regard noir qu’elle lui aurait volontiers asséné, elle se contenta de lui décocher un sourire en coin. Consciente qu’elle avait commis une erreur tactique au vu de l’animal qui se tenait devant elle, elle s’obligea à se détendre. Elle laissa aller son dos contre la banquette, ses épaules s’affaissèrent légèrement et elle planta son regard dans celui de son interlocuteur.


« Vous m’avez l’air têtu. Cela pourrait s’avérer utile par la suite. » constata-t-elle sobrement au bout d’un moment de silence. « J’ai pensé que pour approcher notre homme, une petite infiltration serait de rigueur. Nous trimbaler dans le domaine du clan sans autre but apparent que de rentrer en contact avec lui manquerait de finesse, vous vous en doutez. En revanche, un couple d’ethnologues très désireux de compléter leurs recherches sur les Noirs des Hébrides, la spécialité locale, je me suis dit que ça passerait beaucoup mieux. Dougal McFusty, le chef du clan, semble d’ailleurs assez d’accord avec moi sur ce point. »


Elle abandonna le verre qu’elle tenait entre ses doigts pour glisser ces derniers dans son sac. Elle en extirpa une lettre soigneusement pliée qu’elle tendit à Aleksander. D’une écriture lisible mais hâtive, le chef écossais leur annonçait qu’ils pourraient être reçus chez les McFusty le lendemain en fin de journée et priait « Miss Freedman » de répondre afin de lui confirmer le rendez-vous.

Plus que simplement réfléchi, la jeune femme avait donc déjà mis le début de son plan en place. Ou plutôt, elle avait pris les devants afin d’être certaine que cette option était envisageable ou s’ils devraient trouver autre chose. Peu importait ce que son collègue penserait de son initiative : au moins, ils tenaient déjà quelque chose.


« Cela vous paraît acceptable ou vous préférez vous les geler derrière un buisson ? » interrogea-t-elle, sans trace de raillerie dans son ton, aussi sérieuse que lui. « Quoi qu’il en soit, Mr Greystock, même si vous paraissez ne pas beaucoup aimer vous étendre sur votre compte, mes questions étaient justifiées. Les McFusty sont des écossais de souche. Ils n’ont rien contre la collaboration avec les scientifiques mais ils n’apprécient pas les étrangers impolis et -ou - imprudents. De plus, vous possédez peut-être des connaissances ou des aptitudes qui pourraient nous être indispensables pour mener cette mission à bien. »


Curieusement, le malaise qui l’avait assailli quelques minutes plus tôt s’était évaporé au profit d'une intense concentration. Elle croisa les bras, l’air aussi courtois que déterminé. Alors qu’elle s’était permis de le qualifier de buté, au final, elle ne valait guère mieux. Mais après tout, elle avait rempli sa part du marché. Un prêté pour un rendu. A son tour, maintenant.

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MessageSujet: Re: [Périple] Make it stop || Couz-Couz   Jeu 6 Mar - 13:18


Make it stop


Aleksander observait avec attention l'attitude de celle qui se trouvait face à lui, levant à peine son verre de la table pour jouer avec son contenu en le faisant tourner. Son regard suivait ses mouvements les plus infimes, alors qu'il écoutait avec attention ce qu'elle avait à dire. Evidemment, deux sorciers qui viennent se balader sur les terres d'un clan, c'était assez loin de la discrétion dont ils auraient besoin. Surtout que l'homme se doutait que le lieu devait être surveillé assez attentivement. Tout le monde ne pouvait pas pénétrer sur les îles comme si de rien était. Il releva la tête un instant, gratta sa barbe mal rasé sous son menton sans dire un mot pour la laisser poursuivre.
Un couple d'ethnologue ? Hum. Oui, ça devrait le faire. Mais même comme ça, si ils arrivaient comme des fleurs, ça risquait de-
Pardon ?
Visiblement la jeune femme avait déjà préparé le terrain, et lancé l'exécution de son plan. L'homme haussa très rapidement un sourcil et porta son verre à ses lèvres pour déguiser un fin sourire. Elle avait le sens des initiatives, c'était une bonne chose. Mais il n'était pas tout à fait sûr que ça lui plaise vraiment. Il posa sa boisson à son tour pour tendre la main et se saisir de la lettre qu'il ouvrit en la secouant un coup léger pour déplier le papier. Il la lut rapidement, son regard parcourant l'écriture rapide du chef de clan sans arrêter son écoute, avant qu'il ne la replie – de ses deux mains cette fois – et la tende vers sa collègue. Il croisa les bras et étendit ses jambes sous la table en glissant un peu sur son assise.
Au final, elle n'avait pas vraiment répondu à ses questions. Mais elle lui avait exposé un plan qui lui semblait parfaitement viable. Il serait plus simple d'opérer ainsi. Il avait la chance de ne pas être connu de visage ici, même si son nom s'était répandu dans le milieu. Mais avec ce plan, il pourrait se présenter sous une fausse identité, ce qu'il aurait fait dans tous les cas. Il ne pouvait pas se permettre de se balader en disant qui il était comme ça. Surtout avec le travail qu'il effectuait.
Après un instant de silence, il se pencha en avant.
« Cela me paraît acceptable. Il y aura quelques points à régler, évidemment, mais dans les faits ce plan tient la route. » Il se laissa à nouveau aller en arrière, reprit son verre et bu tranquillement.
Quelles étaient les questions déjà ?
Ah oui.

« Je connais le clan MacFusty de réputation principalement : de fiers écossais protégeant et surveillant les Noirs des Hébrydes. Des dragons magnifiques, parait-il, bien que je n'en ai jamais vu. » Il passa une main dans sa nuque, comme si ça n'était pas tout à fait vrai. Pourtant c'était le cas. Il n'avait jamais observé un noir des hébrydes de près, ni même de loin en fait. Mais il avait cette sorte de compression dans l'estomac, comme si il avait été en train de mentir. Et il n'aimait pas cette sensation. « J'ai moi-même une certaine réputation dans le milieu, si l'on peut dire, mais mon nom n'est pas nécessairement apprécié. Loin s'en faut. » Il observait toujours les réactions de la femme et la scrutait avec un fin sourire sur les lèvres, sans doute une sorte de fierté qu'il conservait d'avoir atteint si jeune une réputation que certains mettaient des décennies à obtenir. Même si la dites réputation n'était pas ds plus flatteuse quand on regardait depuis le côté de ceux chargés de garder les créatures loin ds moldus. Il entrouvrit légèrement les lèvres avant de reprendre, hésitant sur la formulation à adopter. « J'ai été mis sur cette affaire principalement parce que je sais reconnaître un trafic quand j'en vois un, et que je suis celui à être remonté jusque celui-là. Je connais les codes qui régissent un monde dont la plupart des gens ignorent tout. Et même avec toutes les qualités d'organisation que vous semblez avoir, sans moi il est fort probable que même en six mois vous ne trouviez rien. »
Il passa sa langue sur ses lèvres pour les humecter rapidement. Il ne souriait plus et son visage présentait un air des plus sérieux. Il n'était pas difficile de deviner ce qui, dans son passé, lui permettait d'avoir ce genre de connaissance, mais il préférait voir si lui dire ça à demi-mot suffirait. Si elle était aussi intelligente qu'elle semblait l'être. Il laissa un léger silence s'installer, signalant qu'il n'en dirait pas plus sur ce sujet.
Pour finalement revenir sur le plan qu'ils avaient commencé à établir.

« Maintenant il faudrait peut-être décider des différents éléments qui rendraient notre couverture un peu plus... consistante. Ainsi que déterminer plus précisément la façon dont nous agirons une fois infiltrés... » Il marqua une très légère pose, leva à peine son verre et un air à peine provocateur vint de ficher sur son visage. « ...Chérie. »
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