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Célène Fraser
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MessageSujet: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Mer 4 Sep - 12:48

Ce début de matinée fraiche annonçait les prémices d’un automne doux qui ferait peut-être oublier l’été caniculaire qui avait ravagé l’Angleterre. Célène en était ravie. Tandis qu’elle dépassait les sorciers qui, comme elle, avait quelques courses à faire sur le Chemin de Traverse, elle laissa la brise caresser son visage, profitant de ce moment de détente devenu de plus en plus rare au fil des mois.

Elle s’était arrêtée devant la vitrine de Fleury & Bott, observant pensivement les nouveautés exposées, quand elle leva la tête pour observer la personne qui venait de sortir du magasin d’à côté.


« Ahava ! »


Elle interpelait rarement les gens en pleine rue, même ceux qu’elle connaissait. Surtout ceux qu’elle connaissait, en fait. La Langue-de-Plomb aimait la tranquillité de l’anonymat, celui qu’elle cultivait perpétuellement même en-dehors des heures de service. Mais là, c’était différent. La sorcière d’un certain âge qui lui adressait un sourire chaleureux méritait qu’on transgresse certaines habitudes.


« Bonjour Célène ! Je suis ravie de te voir. »


Et elle l’était, l’Oiselle en était certaine. Elles échangèrent quelques banalités. Cela faisait plusieurs mois qu’elles ne s’étaient pas vues et si la conversation restait superficielle, l’expression de leurs visages compensait la pudeur de leur échange. Célène et Ahava s’étaient rencontrées par l’intermédiaire du fils de cette dernière. Fils que la jeune femme avait honteusement négligé, au même titre que ses rares proches.


« Comment va Nicholaus ? » risqua-t-elle enfin.


Ahava haussa légèrement les épaules avant de lui assurer qu’il se portait aussi bien que possible. Sous ces mots mesurés, elle l’informait donc qu’il n’était pas dans une forme olympique. Avant que Célène ait pu jouer sur une promesse intérieure ridicule de lui rendre visite au plus vite ou proférer quelque parole vide, Ahava fouilla dans son sac et en extirpa ce qui ressemblait à un carton d’invitation qu’elle tendit à la Langue-de-Plomb.


« Je joue avec l’Orchestre Symphonique Magique ce soir. » expliqua-t-elle devant le regard incrédule de Célène qui récupérait le carton. « Si tu es libre, ta venue nous sera une très agréable surprise. »


La jeune femme ne put réprimer un sourire reconnaissant. L’Allemande avait toujours eu sa façon bien à elle, délicate, tranquille, sans en avoir l’air, de la sortir de l’embarras.

Ce « nous » ne faisant naturellement pas allusion à ses collègues musiciens.


« Alors à ce soir, Ahava. »


-¤-

Le Grand Auditorium du Barde Aloysius était situé en plein cœur de Londres. Sa construction avait précédé celui, moldu, qui le jouxtait, imposant et majestueux, d’au moins un siècle. D’habiles sortilèges le dissimulaient si bien que ceux dénués de don ne soupçonnaient même pas son existence. Ils n’avaient même pas conscience de la foule endimanchée étrangement qui s’y précipitait au moins deux soirs par semaine. Et pourtant, Célène avait l’impression qu’on ne voyait qu’elle.

Plus elle approchait du magnifique bâtiment de pierres et colonnes blanches, plus elle sentait son cœur s’accélérer. Elle avait revêtu la seule robe appropriée à cette sortie qu’elle possédait. D’un noir discret, le fourreau  sans manche qui encadrait sa poitrine et galbait ses hanches mettait en valeur sa silhouette haute, tout comme la longue jupe évasée tombant jusqu’à ses pieds. Aucun chichi dans cette tenue ni dans sa coiffure, ses cheveux remontés en un chignon lâche sur sa nuque. Sauf que même si elle avait appris à se mettre en valeur depuis son ingrate adolescence, on ne pouvait pas exactement la qualifier de très féminine. Alors qu’elle savait faire preuve d’un sang-froid impeccable en plein combat, un simple concert arrivait à lui provoquer une puissante bouffée d’angoisse.

L’ironie de la situation ne lui échappa pas tandis qu’arrivée dans le grand hall, quelques regards se tournèrent vers elle. Elle décida que le plus simple était encore de s’imaginer qu’elle était sous l’ordre d’Athenya et non, tout simplement, qu’elle profitait de son week end, comme une personne ordinaire le ferait. Sa rigidité finirait par la perdre, mais pour le moment, elle n’avait pas mieux sous la main.

Ses prunelles acérées parcoururent l’assemblée d’un air qu’elle voulait absent. Pourtant, connaissant Nicholaus, elle savait qu’il serait inutile de tenter de le trouver ici, lui qui évitait la foule comme la peste. Peut-être était-ce seulement un prétexte pour admirer les lieux. Ajouté à la force de l’habitude.

La sonnerie annonçant le début du concert retentit en écho et chacun se pressa avec nonchalance vers la grande salle. Célène s’était vue attribuer un siège au deuxième rang. Il ne s’agissait pas des belles loges qui trônaient au-dessus de la plèbe, mais cela restait tout de même une place de choix.
Tout comme celle de Mrs Rosenhirsh dans l’orchestre sur scène.

Confortablement installée dans son fauteuil, soudain indifférente aux mélomanes qui l’entouraient, oubliant son but, la première note lancée sous l’impulsion du chef d’orchestre envahit tout l’espace de la jeune femme. Une heure durant, l’Oiselle sur qui la musique n’avait jamais eu grand impact, ne décrocha pas une seule fois son attention de la symphonie. Et quand l’entracte fut annoncé, ce fut comme si on l’extirpait d’un rêve cotonneux.

Tandis que sa rangée se vidait, elle leva les yeux vers les balcons. Un fugace éclair de chevelure presque blanche suffit à la ramener tout à fait sur terre. Elle emprunta l’escalier menant aux étages supérieurs. Normalement, des ouvreurs en livrée pourpre en limitaient l’accès, mais l’entracte était le seul moment où ceux de la salle basse pouvaient se mêler aux plus aisés. Les vigiles personnels des grandes pontes se chargeant de renvoyer les intrus si leurs employeurs désiraient rester en paix. Une chance pour Célène, nul ne se tenait devant le lourd rideau de la loge de son ami et elle put y pénétrer sans encombre.

Nicholaus lui tournait le dos. Debout, l’épaule appuyée contre une colonne finement sculptée, son regard voilé fixant certainement le vide. Il était seul, comme elle s’y attendait. Elle se racla légèrement la gorge avant de s’avancer prudemment pour effleurer son bras. Elle avait encore en mémoire la dextérité de son ancien mentor que même son handicap n’avait pas entaché.  Et elle attendit. Qu’il ait pesé la situation, qu’il reconnaisse son parfum, les formes de sa stature. Avant de lui offrir le timbre de sa voix comme preuve ultime.


« Ne m’en veux pas, j’ai été très prise. »

_________________

   
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On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres.



Dernière édition par Célène Fraser-Lehnsman le Mer 18 Sep - 23:22, édité 1 fois
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Nicholaus Rosenhirsh
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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Sam 7 Sep - 19:14

Tôt. Il était arrivé extrêmement tôt au Grand Auditorium. Bien avant les badauds, avant les ouvreurs et la plupart des artistes. Comme toujours, il avait à peine répondu à l'employé gardant les entrées, se contentant d'énoncer son patronyme d'un ton neutre et posé bien que pressé et plus froid qu'il ne le souhaitait vraiment. Un nouveau. Pinçant les lèvres, Nicholaus avait difficilement résisté à la tentation de davantage questionner le jeune sorcier, tâchant de faire taire autant que possible le sentiment amer qui lui remontait l’œsophage tout en l'observant de cette étrange et dérangeante manière qu'il avait d'étudier les choses.

S'il était là, ce n'était pas forcément pour le surveiller, ce n'était pas forcément une des ombres des Non-Morts et de leur fléau. Tous n'étaient pas parmi eux, ne les suivaient pas encore. C'était là le piège et la difficulté.

Quelques paroles apparemment vides de sens lui échappèrent, augmentant encore l'inquiétude du jeune employé, poussant ce dernier à s'enquérir de son vis à vis d'une parole accompagné d'un geste secourant.

Un tressaillement, un mouvement de recul, une brève parole de dénégation et un refus poli d'accepter toute aide fut tout ce que le sorcier récolta.

L'instant d'après, la silhouette de Nicholaus disparaissait à l'intérieur des somptueux couloirs du bâtiment sorcier.

Il connaissait les lieux et malgré son cœur qui tambourinait bien trop à son goût dans sa poitrine, se souvenait de chaque pas à faire, chaque coin et chaque marche. Quelques brefs sortilèges d'orientation l'aidait à compléter ses souvenirs.

Un bouquet de fleurs composé de roses crémeuses, déposé dans la loge qui accueillerait sa mère un peu plus tard, avant de rejoindre sa propre place, en haut, à l'écart, non loin d'une issue de secours. Nicholaus préférait depuis longtemps éviter la foule d'artistes et l'ambiance agitée qui accompagnait les débuts d'un concert, mais ainsi sa mère pouvait savoir qu'il serait bien présent même si le simple fait de le lui avoir promis était déjà un gage d'assurance.

¤¤¤

L'Entracte avait déja mis fin à la musique depuis quelques instants, mais le Sorcier n'avait pas bougé pour autant, savourant encore pour lui-même les dernières notes égrainées par les instruments et leurs musiciens avant de revenir bien trop vite à son goût à ce que tout à chacun nommait sottement le monde réel.
Le brouhaha des spectateurs, leurs déplacements, leurs piaillements étaient d'autant de parasites qui venaient à gâcher l'ensemble de la pièce, qui faisait voler en éclats la bulle de tranquillité dans laquelle Nicholaus s'était glissé tout du long de cette première partie.

Des pas qui s'éloignaient pour rejoindre les escaliers, des voix qui se faisaient plus indistinctes.

Puis le bruissement de la tenture. Instinctivement, il avait déja rechangé de position sans en avoir l'air, sa baguette à la main et un sortilège dérivé de l'Hominum Revelio lancé dans le même temps. Mais s'il n'avait pas manqué de reconnaitre le parfum de la jeune femme, sa façon de se tenir, ses caractéristique physique révélées par le sortilège, cela ne l'avait pas empêché de tressaillir légèrement sous le contact de la sorcière.

Nulle parole, son regard bleu vide se posant à peine sur sa comparse tandis qu'il se déplaçait légèrement d'un pas, refermait la tenture d'un accio accompagné d'un véritable Hominum cette fois-ci - personne dans le couloir- avant de lancer une bulle de silence sur la petite loge.

"L'important n'est pas le passé, mais l'écoulement du présent."

Un court silence alors que sa voix rauque et éraillée de trop peu parler avait retenti doucement, avant de reprendre la parole d'un ton sérieux.

"Le dernier mot de notre dernière conversation?"

Le mot de passe. L'assurance d'avoir le bon esprit en face. Ou du moins d'en ôter une partie des plus gros doutes même si une partie de son propre esprit essayait déja de lui prouver que cela ne valait rien.

Un instant plus tard, la bulle de silence s'évaporait -utile pour ne pas être entendu, mais empêchant tout autant d'entendre à l'extérieur de celle-ci. Tout bonnement insupportable pour Nicholaus.

Un léger sourire un peu morne mais authentique effleurait maintenant ses lèvres. Passant la main sur le dossier du siège de velours derrière lui pour s'en assurer la présence, il s'y assit tout en faisant signe à la Sorcière de faire de même.

"Mère m'a parlé de ta possible présence ce soir. Je ne pensais pas que tu viendrais vraiment."
Nulle accusation, à peine une légère lassitude teintée de regret. Il était bien placé pour la savoir des plus occupées et ayant bien mieux à faire que rendre visite à ancien collègue aveugle et inutile. De plus, plus elle se tenait éloigné de lui, moins elle risquait de se trouver prise au pièce du Complot.

Mais il était heureux de la savoir ici.

"As-tu eu le temps d'écouter la première partie? La composition est particulièrement harmonieuse malgré un trois-temps un peu trop sec..."

_________________

Le véritable cauchemar n'est jamais celui auquel on croit, se terrant dans chaque angle, chaque chuchotement de trop, chaque souffle saccadé qui nous échappe. Il est là pour vous rappeler que finalement, vous n'appartenez à aucun monde. Seul le Destin à le pouvoir du véritable choix.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Lun 9 Sep - 22:40

Les rituels. Ces précautions qu’elle ne comprenait pas mais qu’elle savait essentielles à l’équilibre psychique de Nicholaus et auxquelles elle se pliait volontiers. Elle avait donc conscience que si elle l’interrompait, le pire pourrait se produire. Aussi attendit-elle patiemment qu’il reprenne la parole, immobile et silencieuse.

Si bien que les notes de sa voix manquèrent de la faire sursauter. Sa première intervention sibylline lui arracha un sourire amusé, vite remplacé par une moue aussi grave que le ton employé par son ami. Là non plus, il ne fallait pas se louper.


« Souviendras. » répondit-elle presque immédiatement, son sourire revenu. « Je t’ai ordonné de prendre soin de toi avant de partir, ou sinon j'avais l'intention de t'envoyer une, je cite, « beuglante dont tu te souviendras. ». »


Au début, sa réponse ne parut pas le ravir, ses traits prenant une expression presque douloureuse. Juste un instant, mais assez pour que la jeune femme qui le fixait la saisisse. Puis, il parut se détendre – du moins, à la manière Nicholaus – et l’invita à s’assoir près de lui. Elle s’exécuta avec plaisir, veillant à ne pas user d’un pas trop rapide non plus.

Quand elle le retrouvait chez lui, il fallait dire qu’elle prenait beaucoup moins de précautions. Dans son environnement familier, il paraissait davantage enclin à supporter les traits de comportement de la Langue-de-Plomb, allant du simple geste instinctif à la modulation du ton de sa voix. Dans un lieu public, elle devait se montrer plus prudente. Du moins, pour le moment.


"Mère m'a parlé de ta possible présence ce soir. Je ne pensais pas que tu viendrais vraiment."

« Ne sois pas ridicule. Je t’ai suffisamment fait défaut ces derniers temps pour ne pas, en plus, me parjurer devant ta mère. » répliqua-t-elle d’un ton qu’elle aurait voulu plus doux.


Le fait était que cette remarque, loin d’être véhémente pourtant, la renvoyait directement à tout ce qu’elle négligeait dans sa vie personnelle. Outre l’ancien Oubliator, elle pouvait aussi se pencher sur les cas d’Aiden ou de Ian, au cas où elle n’aurait pas meilleure auto-dolorisation sous la main. Elle balaya ses mornes pensées en replaçant une mèche de cheveux échappée de son chignon derrière son oreille. Le moment ne se prêtait guère aux regrets.

Elle fut reconnaissante à Nicholaus de ne pas relever ses paroles peu délicates et d’enchainer sur un sujet plus neutre. Et plus approprié.


« Si tu veux tout savoir, je crois que j’aurais difficilement pu passer à côté de cette première partie, justement. J’ai été … Comment m’avais-tu exposé ça ? « Emportée par le grandiose de la symphonie » ? »


A nouveau, elle ne put réprimer un sourire taquin que, s’il ne pouvait pas voir, il avait pu sentir dans sa voix. Elle faisait allusion à une de leur dernière entrevue où elle s’était présentée chez lui alors qu’il était en plein concerto privé. La musique l’avait tant apaisé pendant un instant qu’elle avait cru découvrir un homme bien différent que celui auquel elle était habituée. Elle le lui en avait la remarque, à la fois agréablement surprise et légèrement sarcastique afin de ne pas dramatiser la situation. Elle ne se souvenait pas de sa réplique exacte, mais cela devait approcher ce qu’elle venait de rapporter.

Petit souvenir qui lui permettait également de tourner ses révélations à une habile dérision. Son ancien mentor était le seul avec qui elle considérait désormais pouvoir se permettre d’être un peu plus abordable. Malgré sa maladie, malgré ses travers, elle avait confiance en lui. Pour autant, les confidences, même aussi ridicules que celles-ci, ne lui étaient toujours pas aisées.


« Enfin, tout ça pour dire que mon oreille si peu musicale n’a pas été avertie par le petit écart que tu as relevé. » reprit-elle, son regard admirant le spectacle de la scène qui s’offrait à elle depuis cette vue inédite. « Maintenant, tu veux bien me dire comment tu te portes ? Et comment va Melchior ? »


Questions anodines pour le commun des mortels, risquées avec le Crépusculaire. La jeune femme ne savait pas s’il allait daigner répondre clairement. Mais qui ne tente rien n’a rien. S’il le fallait, elle se permettrait d’insister. Elle espérait juste que la distance de leur relation n’en était pas arrivée à ce point.

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Nicholaus Rosenhirsh
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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Sam 28 Sep - 22:26




Célène Fraser-Lehnsman - Nicholaus Rosenhirsh


La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement.

Début Septembre 1978

Grand Auditorium du Barde Aloysius

"Nul parjure sans promesse, et aucune promesse sans libre-arbitre."

La pointe d’amertume teintée de virulence dans la voix de son amie n’échappa guère au Poufsouffle et il avait doucement soufflé ces quelques mots. Ou peut-être juste pensé? Rien n'était plus sûr mais il n'avait rien de plus à dire sur le sujet, se concentrant sur la silhouette qu'il percevait à ses côtés. Ahava n'avait fait que proposer, laissant assez de marge à la jeune femme pour ne pas se sentir piégée, forcée, uniquement ouvrir une porte pour créer un léger courant d'air, rien de plus.

Et le principal était d'avoir la Langue-de-Plomb à ses côté, le reste n'étaient que détails sans importance. De toute manière, si la jeune femme elle-même ne donnait de signe de vouloir s'éteindre sur un sujet qui la tracassait de toute évidence, ce ne serait pas le Rosenhirsh qui lui ferait l'affront de s’immiscer dans ce qui ne la regardait pas.

Le présent était plus important que le passé, lui seul permettait de créer l'avenir. Nicholaus enchaina naturellement sur autre chose. Le concert. La musique avait toujours eue une grande importance dans sa vie, maintenant plus encore qu'avant.

Interrogeant donc la Langue-de-Plomb sur son ressentit de la première partie tandis que les notes semblaient encore résonner dans son esprit, il sourit doucement à la réponse de cette dernière.


« [... ] Comment m’avais-tu exposé ça ? "Emportée par le grandiose de la symphonie "? »


"Par la déferlante symphonique pour être exact même."

Ajouta t-il aux paroles de Célène d'un petit sourire légèrement amusé. Un de ces moment où la musique lui faisait oublier tout le reste, repoussait les limites de son caractère et de sa maladie. Et si prêter l'oreille aux notes éparses des plus grands requiem lui apportait satisfaction et volupté, percevoir la naissance de ces dernières en maniant lui-même l'instrument était encore autre chose. Il s'en sentait grandit et vivant, dans un autre monde.

Pourtant il se refusait à vraiment partager son art, une certaine appréhension lui nouant toujours l'estomac lorsque des témoins étaient présents. Même face à Bishop il s'en sentait vulnérable, décalé. La musique l'apaisait, le calmait et le rendait moins atteint par la maladie du crépuscule, mais il ne s'en sentait que plus faible et vacillant alors, plus atteignable.

Il n'en avait pas tenu rigueur à la jeune femme bien sûr, cela était hors de question et il savait pertinemment qu'il accepterai de rejouer devant elle si elle le souhaitait un jour, malgré l'appréhension. Tout comme il avait apprécié ce moment avec elle, cette facette de lui ainsi épuré, cet instant partagé sans aucun des tourments qui lui vrillaient corps et esprit en toute heure.

"Melchior va bien. Quand à moi... On ne change pas ce qui est. Je me porte parfaitement."

La présence de la jeune femme à ses côté était aussi nette pour lui qu'un néant moldu au milieu d'une rue sorcière. En plus doux et agréable. Mais cela ne l’empêchait pas de rester lui-même, de ne guère aimer parler de sa personne, encore moins de appesantir dessus. Il vivait, respirait, s'occupait, tout allait parfaitement bien.

Son ton avait été aussi calme que le reste de ses paroles, son visage se crispant légèrement dans une moue un peu plus dure tout en conservant un air d'une jovialité quelque peu mélancolique.
C'était le moment de s'épancher un peu plus, tourner le sujet en amusement en revenant sur Melchior, ou prendre des nouvelles de la jeune femme elle-même. Mais il ne savait pas faire, ne savait plus le faire. Penser de manière cohérente aux relations humaines, appréhender les actes et leurs conséquences était quelque chose qu'il avait perdu peu à peu depuis longtemps. En avait-il gagné d'autres compétences? Ses manies pouvaient parfois être vues ainsi.

"Quelqu'un arrive."

Coupant court à la discussion, Nicholaus venait de se crisper brutalement, sa baguette déja glissée entre ses doigts alors qu'un leger frottement dans le couloir pouvait être perçut par qui se concentrait suffisamment. Juste avant qu'une silhouette ne s'immisce entre les épais rideaux, brisant la quiétude des lieux. Le Crépusculaire était déjà debout, un sortilège d'identification discrètement lancé tandis que le jeune sorcier qui s'occupait plus tôt dans la soirée des entrées pénétrait la petite alcôve, ses yeux posés sur le duo étrange que formaient les deux autres.

"Je viens vous informer que l'entracte ne vas pas tarder à se terminer, si vous voulez bien regagner votre place, Miss."

Sa voix se voulait plus sure qu'il ne l'était vraiment, de celui qui ne fait que son travail, mais cela Nicholaus ne le remarquait pas. Uniquement qu'il s'agissait du même sorcier qu'il avait déja trouvé étrange plus tôt, un qui ne devait pas se trouver ici, juste maintenant en plus.

Ses lèvres s'ourlèrent d'un air sombre tandis qu'il réfléchissait à différentes explications. Celle du stagiaire polyvalent était bien trop basique, trop facile. Il ouvrit la bouche avant de la refermer, poser un bref instant son regard vide sur Célène.

"Elle est mon invitée. Vous non. Je n'aime guère votre présence ici, garçon."

Sourcil froncé, dos droit, voix froide, il ne quittait plus l'homme du regard même s'il ne le voyait pas. Bien sûr Célène n'était pas obligée de partir, ni de rester d'ailleurs. Mais n'était-ce vraiment qu'un excès de zèle de la part du jeune sorcier?

Un frôlement. Célène avait prit le risque de brièvement poser sa main sur son bras en une brève caresse aussi rassurante que pour endiguer sa paranoïa et ce qui pouvait en résulter. Silencieux, son bras aussitôt retiré dans un mouvement hâtif, comme si on l'avait brûlé, Nicholaus ne pipa mot et se contenta de reculer, mur quasiment dans son dos, sans lâcher sa baguette. Mais là où n'importe qui aurait pu prendre sa réaction pour un rejet, il n'en était rien ou presque malgré les apparences.

Cela aurait pu être tout autre si ce n'avait été la jeune sorcière qui avait procédé ainsi avant de prendre la parole pour apostropher l'élément perturbateur.

Le Crépusculaire soupira nerveusement alors que le rideau retombait lourdement après le passage de l'employé qui quittait enfin les lieux. Il se contenta d'un bref hochement de tête pour remercier sa compagne pour son intervention tout autant que pour lui signifier qu'il allait bien. Que ce ne soit pas tout à fait vrai, ni jamais tout à fait vrai même, était une autre histoire sur laquelle il ne appesantirait pas.

Malgré tout, il prit quand même la peine de tout vérifier quelques minutes - alcôve, rideaux, couloirs - tout en expliquant à la jeune femme tout ce qui clochait chez cet homme, avant de réussir à se calmer un peu plus et prêter à nouveau attention correctement à la jeune femme.

Les lumières s'assombrirent alors que les notes commencèrent à s'égrainer doucement, profitant des courbes parfaites de la salle magique pour s'ancrer dans l'espace mis à leur disposition.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Jeu 17 Oct - 23:31

Célène retint un soupir de frustration. Elle aurait parié sa baguette qu’il lui mentait sur son état de santé. Certainement pas sciemment, mais plutôt parce que leurs visions à ce sujet étaient différentes. Le comble pour une jeune femme de son caractère était tout de même qu’elle espère qu’il se confie à elle, elle qui ne s’ouvrait que trop rarement à quiconque. Pourtant, elle l’aurait voulu. Elle avait besoin qu’il parle, qu’il ne soit pas si éloigné d’elle, de leur relation.

Pathétique en soi.

Aussi, face à cette mièvre pensée préféra-t-elle se contenter de lever les yeux au ciel, réaction qu’elle pouvait se permettre au vu du handicap de son ami.

Que répondre à ça ? Sur quel chemin moins tortueux pouvait-elle ramener leur échange sans risquer une nouvelle déception ? Ou pire, de le mettre mal à l’aise ? Ce n’était ni le lieu ni le soir pour faire sa brute de Fraser. La douceur des Lehnsman lui serait bien plus utile.


« Je suis ravie de l’apprendre. » répondit-elle enfin, un sourire dans la voix. « Alors qu’as-tu … »


Elle ne termina pas sa phrase, le reste se suspendant dans l’instant où Nicholaus se tendit avec virulence, ses traits déformés par l’appréhension et la méfiance.


"Quelqu'un arrive."


Ils se levèrent de leurs sièges dans un bel ensemble, mus par la coordination des vieux duos habitués à exécuter les mêmes pas d’une danse souvent exécutée. Naturellement, Célène n’avait pas oublié les tendances paranoïaques de l’ex-Oubliator. C’était surtout qu’elle aussi avait entendu la démarche feutrée de l’intrus. Un peu plus tard, certes et seulement grâce à l’attitude de son interlocuteur avait suffi à l’alerter.

L’ouvreur en uniforme apparut de sous les lourdes tentures et elle sentit ses muscles se relâcher. Un simple employé qui l’enjoignait de rejoindre la place qui lui était attribuée. Tout allait bien.

Pour elle, du moins. Alors qu’elle s’apprêtait à hocher la tête et à s’exécuter, Nicholaus se fit véhément. Elle lui jeta une œillade réellement surprise. Elle l’avait déjà vu agacé, peut-être même en colère quelques fois, quand elle-même, petite Langue-de-Plomb fraichement diplômée, tirait un peu trop sur la corde. Mais de là se montrer aussi sec envers un pauvre ouvreur, non. Elle tenta un geste apaisant, qu’il récusa aussitôt. Rien qui ne soit destinée à la jeune femme en réalité, il s’était juste perdu. Encore.


« C’est madame. » intervint-elle soudain d’une voix froide. « Et je crois que vous aurez compris que mon ami ci-présent m’offre l’hospitalité de sa loge. »


Le garçon parut hésiter sur l’attitude à adopter. Les règles étaient strictes à l’Auditorium. Avec tout ce qui se passait depuis quelques années, ils avaient dû renforcer la sécurité, garantir la tranquillité de leurs invités de marque … Il dansa nerveusement d’un pied sur l’autre, tiraillé entre l’éthique de sa fonction et la crainte que lui inspiraient les deux blocs de marbre face à lui.


« Croyez-vous que le Directeur apprécierait ce manque d’égards pour les désirs de l’un de ses plus fervents mélomanes ? »


La menace, maintenant. Il devait disparaître au plus vite ou quelques mots ne suffiraient plus à mettre un frein aux délires de Nicholaus. Sauf que plus ses mots, ce fut le poids du regard tout à fait valide de la jeune femme qui suffit à le rappeler à ses devoirs. Il s’inclina donc respectueusement avant de se retirer dans le plus obligeant des silences.

Elle risqua alors un regard vers son hôte. Ils avaient peut-être frôlé la crise de peu et elle apprécia son signe de tête, signifiant ainsi qu’il avait sensiblement retrouvé un pied dans leur monde. Pour le reste, elle se doutait de ce qui allait suivre. Aussi s’écarta-t-elle de son chemin pour aller reprendre place dans son fauteuil le temps qu’il effectue ses vérifications de routine.

La vue d’ici n’était en rien comparable à celle du rez-de-chaussée où elle avait suivi la première partie. La scène ne se présentait pas seulement devant la loge, elle s’offrait à elle. Chose si saisissante qu’elle remarqua à peine que son ami l’avait rejointe. Il avait, comme toujours, respecté son silence, comme s’il avait saisi la solennité du moment, comme si, à l’image de la scène, lui aussi lui faisait un cadeau immatériel.

Sur cette note détendue, celles de l’orchestre purent reprendre après qu’ils furent plongés dans la presque totale obscurité. Cette dernière n’avait pourtant rien d’oppressante. Elle se doutait que le noir n’était pas toujours des plus agréables pour Nicholaus, mais cette fois-ci, Célène compris pourquoi il était possible qu’en de telles circonstances, il soit le bienvenu. En quoi la lumière était-elle nécessaire lorsque l’on assistait à un tel spectacle ? Quand tant de beauté faisait rayonner le reste de vos sens ?

A nouveau, elle se laissa happer. Elle n’avait même pas cherché à l’esquiver. Une partie d’elle, la seule et minuscule qui lui voulait du bien, parvint à prendre le dessus et lui fit oublier pour un temps les diktats de son conditionnement.
Elle ne s’était pas rendu compte qu’elle avait fermé les yeux. Quand le dernier instrument joua son ultime mélodie, elle était immobile, silencieuse, parfaitement fondue dans le décor et sa musique. Si l’on occultait ses joues striées de quelques rigoles humides, on aurait pu la croire endormie.


« Nicholaus ? »


Son timbre semblait venir de si loin, rien à voir avec l’habituel ton terre-à-terre, tantôt autoritaire, tantôt patient, parfois léger. Elle fixait les artistes qui saluaient leur public enthousiaste, s’extirpant de son siège plus par automatisme qu’autre chose.

Elle attendit qu’il lui accorde son attention pour lâcher ce qui la préoccupait.


« Est-ce que … Ca te manque ? »


Quoi au juste ? Elle ne savait pas très bien. Le travail ? Les crétins du Ministère ? La vie au-dehors ? Le binôme qu’ils formaient ? Consciente qu’elle n’était pas très claire, elle tenta une reformulation un peu plus adéquate.


« Je veux dire, tu comprends, je n’arrive pas à le supporter. L’autre. »


Ce second essai n’était pas plus concluant que le premier, pourtant, elle espérait qu’il avait saisi de quoi elle parlait. Ou plutôt de qui. Celui qui l’avait supplanté, qu’on lui avait collé parce que cela faisait partie des exigences d’Areson et qu’elle n’avait pas le choix.

A peine ces mots prononcés, elle se mordit la lèvre inférieure. Etait-il nécessaire de répéter que les étalages de ressentis n’étaient vraiment pas son fort ? Ou qu’elle avait l’impression de trahir, de se trahir, en osant faire allusion à un sujet aussi secret ? Pourtant, il fallait qu’elle le dise. Il lui fallait une réponse. N’importe quoi qui puisse lui rendre un semblant d’humanité.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Sam 19 Oct - 23:47




Célène  - Nicholaus


La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement.

Début Septembre 1978

Grand Auditorium du Barde Aloysius

Comme toujours, les mélopées et la magie de l'orchestre symphonique avaient été au rendez-vous, sachant délicieusement jouer des silences et des excitations musicales, manipulant avec grâce les sentiments épars que les instruments parvenaient à créer en une parfaite harmonie tout en faisait la part belle à chaque musicien, quelle que soit leur importance dans l'ensemble. Les artistes vedettes dont faisaient d'ailleurs partie Ahava s'intégraient avec subtilité et exception dans la représentation et le résultat était aussi exceptionnel qu'on pouvait s'y attendre.

Paupières closes, esprit épuré de tout ce qui n'avait lieu d'être, Nicholaus s'était à son habitude laissé porté par la magie des notes, se sentant bien plus entier, plus léger et lui-même en cette poignée de minutes qui lui faisaient l'effet d'une pincée de secondes autant qu'une brassée d'heures.
Bien sûr, il avait noté quelques digressions, un arpège qui aurait mérité davantage d'attention et factuellement la présence de tessitures trop poussées pour le cortège droit des violonistes. Mais rien de particulièrement gênant, rien qui puisse véritablement sortir le mélomane du plaisir manifeste qu'il avait toujours eu à vivre dans la musique.
Sa main avait même rejoint le bras de sa voisine sans qu'il ne s'en rendre vraiment compte, appréciant plus encore partager ce moment intense avec elle avant de la lâcher quelques instants plus tard alors que les dernières notes de musiques mourraient avec majesté.

Un fin sourire doux sur les lèvres, les traits du visage apaisés, Nicholaus profita quelques secondes encore du silence des lieux et de ces instants si rares où il se sentait vraiment en paix avec lui-même et entier. Paupières closes, il semblait faussement somnolant, mais ni ses mimiques, ni sa respiration, ni ses doigts qui jouaient encore les dernières notes ne trompait personne.

Lorsque Célène l’apostropha doucement. Entrouvrant les paupières sur ses orbes mortes mais pourtant des plus expressives, il l'enquit à poursuivre d'un geste de la tête, percevant l'important de ce moment partagé avec bien plus d’acuité qu'il n'en était habituellement capable. Il lui sourit chaleureusement avant d'arquer un sourcil quelque peu perdu quand à sa question, essayant d'en deviner le sens exact.

"Beaucoup de choses changent et évoluent ..."

Commença t-il en laissant sa phrase en suspens pour une fois. Ce qui sembla suffire à Célène pour vider son sac en une courte phrase de plus.

« Je veux dire, tu comprends, je n’arrive pas à le supporter. L’autre. »

"Ah, ceci."
Il soupira doucement, mais sans mauvaise pensées bien au contraire. Ce temps-là lui manquait-il? Pouvait-il vraiment considérer son binôme avec la langue-de-plomb sans avoir le reste autour? Le travail, les collègues qui le traitait handicapé même s'il n'en avait que faire, les situations délicates, l'urgence, le ministère, tous les paramètres?

Le blond se passe une main dans les cheveux, le regard vague, la bouche plissée en une moue douce mais néanmoins nostalgique.

"Je.... Ne pourrais plus. Je le sais, tu le sais parfaitement Célène. Je nous mettrais en danger."
Parlait-il uniquement de sa perte de contrôle sur son travail? Des soucis logiques liés à sa cécité? Ou de sa paranoïa le forçant à bien trop de manies? Voir à ces complots dont il était persuadé d'être la victime et qui pourraient alors en toute logique user de ses proches?

Cette dernière pensée lui fit plisser le front en une ride soucieuse. L'art de la musique avait beau le rendre plus à lui même il n'en restait pas moins profondément ancré dans sa schizophrénie, ses visions et considération du monde tout entier. Se savoir atteint du Syndrome de Fowles et arriver à le prendre en compte ne changeait que peu de choses à la donne. La maladie du Crépuscule lui avait offert la vue de ce qui était autrement, de ces autres mondes qui permettait à son esprit d'y voir...Et d'être vu par certains êtres trépassés. Cela lui donnait un pouvoir qui les effrayait ou au contraire qui les intéressait.

Dans un effort colossale, il parvint à s'extirper du cercle vicieux qu'il savait le menant directement à certaines pensées et état d'esprit qui souhaitait autant que faire se peut, tenir aussi longtemps que possible à l'écart.

D'un sourire déja plus triste, il tâcha de s'excuser envers la jeune femme du véritable mur fermé qu'il avait dût présenter en une fraction de seconde sans réelle raison de son point de vue, avant de plonger sa main dans la poche de sa veste déposée sur le dossier du siège. Pour en ressortir deux sticks blanchâtre d'origine sorcière. D'un coup de baguette, il fit disparaître dans le néant celui dont l'intégrité était littéralement défoncée -un incident malheureux malgré la résistance magique des cigarettes sorcières-, d'un autre il alluma le deuxième.

" Mon...remplaçant..te pose quelque soucis?"
Front plissé, son ton dénotait une inquiétude à la fois personnelle et professionnelle à ce sujet. Difficile de changer ce qui était immuable, Nicholaus s'était toujours fait une gageure de gérer parfaitement chaque détail de son emploi et par extension de son binôme avec la jeune femme. Imaginer que l'autre homme puisse l'entraver ou lui peser de ce côté-ci le dérangeait presque autant qu'une possible déficience plus intime. Mais l'un dans l'autre, les deux aspects l'affecterait et l'agacerait.

Après de la à savoir s'il en était jaloux? Si cela lui manquait? Nostalgique oui. Mais il n'avait pas le droit de s'en émouvoir, puisque malgré sa maladie et le complot qui le poursuivaient, il se savait aussi seul responsable réel de sa fin de carrière au ministère. Dur de garder un Oubliator aveugle en plus d'à moitié fou..

Un léger sourire sarcastique effleura ses lèvres avant qu'il n'y glisse la cigarette, en appréciant la douce nicotine sorcière et ses effluves.

Il ne fumait pas souvent et uniquement lorsqu'il s'en sentait l'esprit assez clair et d'une humeur adéquate, souvent associée de quelques élans plus souples et sarcastiques même s'il restait malgré tout lui-même, toujours aussi étrange et particulier avec ses façons de faire et d'être.

Et s'il n'avait proposé de stick à Célène, c'est qu'il se souvenait pertinemment que la jeune femme n'était guère une fumeuse si la situation de l'imposait pas, sans pour autant empêcher quiconque de s'adonner à cette pratique à ses côtés.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Mar 26 Nov - 2:06

"Je.... Ne pourrais plus. Je le sais, tu le sais parfaitement Célène. Je nous mettrais en danger."


Bien sûr qu’elle le savait. Mais entre en avoir conscience et l’accepter, le fossé prenait son temps pour se combler. Pourtant, cela faisait plus d’un an déjà. Une année qu’elle avait dû affronter sans lui. Alors où était le problème ? Pourquoi la Langue-de-Plomb, censée être formée pour s’adapter à n’importe quelle situation se montrait-elle incapable d’en finir avec ce deuil-ci ? Pour peu qu’elle se soit un peu écoutée, elle aurait su que ce n’était qu’une goutte dans la mare qu’elle avait laissé se remplir au fur et à mesure des mois écoulés. Il n’en fut rien.

Célène se contenta donc d’un bref hochement de tête, avant de réaliser qu’avec sa cécité, il ne devait pas avoir saisi sa réaction. Elle souffla donc un « Oui » légèrement contrit.

Elle n’avait su qu’ajouter après cette réponse des plus succinctes. Déjà peu réputée pour sa loquacité, généralement, elle n’imposait aucune justification sans questions préalables. Ce qui ne l’avait pas empêché de lire le trouble de Nicholaus sur son visage, retenant presque son souffle en imaginant le type de pensées que cette amorce de conversation avait pu faire naître en lui. Ressentant une pointe de culpabilité, également. Loin d’elle l’idée de le mettre à mal en lui faisant partager ses petites contrariétés – surtout qu’il devait avoir assez à faire avec les siennes, bien plus handicapantes -, mais elle avait l’impression que le mal était fait.

Était-ce les méandres de son esprit dans lesquels il s’était plongé ou sa réaction qui lui avait mis la puce à l’oreille, toujours est-il que quand il reprit, il avait l’air inquiet. La jeune femme réfléchit. Hésita quelques secondes. Non seulement elle ne voulait pas lui causer un souci inutile, mais elle ne devait pas oublier qu’elle avait prêté un certain serment. D’un autre côté, elle ne se sentait pas de laisser ses interrogations en suspens, l’ignorant à la sauce Langue-de-Plomb. Et lui mentir, autre caractéristique moins avouable de sa profession, encore moins.


« Disons qu’au niveau de ses compétences, je n’ai rien à lui reprocher. » se décida-t-elle enfin. « C’est davantage une question de … Comment dire ? Incompatibilité de caractère ? »


Elle crut voir l’ombre d’un sourire passer sur le visage de l’ex Oubliator mais ne put en être certaine, la lumière feutrée, ses réflexions emmêlées et les volutes de fumée s’élevant de la cigarette qu’il venait de s’allumer empêchant un réel discernement. Et si tel avait été le cas, elle n’aurait pu résolument le lui reprocher. Nicholaus était bien placé pour savoir que travailler à ses côtés n’avait rien d’aisé. Heureusement qu’elle avait tout de même dépassé ses vingt et un ans.


« Bon, d’accord, c’est un euphémisme. En réalité, je peux pas l’encadrer. » reprit-elle, révélant soudainement le côté tout brut de sa personne. « Il est fait pour bosser en binôme. Moi pas. Il ne peut rien me demander et ça l’énerve. Alors que je me fiche pas mal de ce qu’il fabrique en-dehors de nos missions. Il est aussi discret qu’un dragon au milieu d’un jardin. Bref, il n’est pas toi. »


Un mouvement indique à son interlocuteur qu’elle vient de hausser les épaules. Un léger agacement dans sa voix, tout au plus. Aucune colère véritable. De simples constatations. Quand bien même tout cela lui poserait véritablement problème, que pourrait-elle y faire ? Elle n’a aucun veto à poser, pas le moindre avis à donner. Elle n’est pas payée pour ça. Simplement pour exécuter les ordres.


« Mais oublions ça. » ajouta-t-elle aussitôt. « J’aimerais beaucoup aller remercier et, naturellement, féliciter ta mère pour cette magnifique prestation. Qu’en dis-tu ? »


Elle ne devrait pas rencontrer de réelles difficultés pour entrer dans les loges dès qu’on aurait informé Ahava de sa présence. Non, ce qui pourrait freiner, en revanche, ce serait le refus de Nicholaus. La foule, le bruit, un lieu clos … Ce n’était sûrement pas l’idée du siècle. Juste un bon moyen de parler d'autre chose.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Mer 4 Déc - 22:57




Célène  - Nicholaus


La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement.

Début Septembre 1978

Grand Auditorium du Barde Aloysius

Le sujet abordé n'enchantait guère Nicholaus, remontant malgré lui et son sang-froid habituel bien trop de choses à la surface, bien trop de cicatrices et de plaies qui confectionnaient sa vie. Il avait aimé son travail, ne vivant longtemps que pour lui. Il avait aimé son duo avec Célène, il en savourait parfois même encore l’évolution et certaines scénettes qui lui revenaient en mémoire. Il aimait les difficultés rencontrées, les analyses et les résultats obtenus. Savoir tout ceci loin, irrévocable lui laissait malgré tout un goût amère en bouche, bien plus présent encore en ces moments où il profitait d'un esprit plus limpide et de sentiments davantage libérés. Il en avait d'autant plus un regard bien plus cynique et clair sur ce qu'il en était. Il se savait incapable d'y retourner. Pour bien trop de raisons même si toutes se résumaient à une seule chose: Le Syndrome de Fowles. Depuis le temps, il en connaissait bien trop les facettes, les études et les conséquences.

Mais cela n’empêchait pas de regretter et d'en souffrir en partie. Parfois il rêvait d'une vie différente. Avant d'enfouir ces sottes pensées bien trop illusoires loin, très loin. Rien ne servait de se faire du mal avec ce qui ne pouvait être.

Malgré tout, il aurait aimé pouvoir en parler un instant un peu plus à Célène, lui dire à quel point il était désolé. Car il était responsable. Sa maladie. Son sortilège qui lui avait oté la vue. Qui avait hâté la fin de sa carrière. D'une certaine façon il avait abandonné la langue de plomb. Sa gorge se serra à cette réflexion qu'il était loin d'avoir pour la première fois.

« Disons qu’au niveau de ses compétences, je n’ai rien à lui reprocher. »

Ça, il s'en doutais. Areson n'avait pour habitude de garder de mauvais éléments, moins encore concernant les Oubliators de la section spéciale. Il faisait confiance à son ancien Directeur pour avoir envoyé ses meilleurs éléments dans le département des Mystère. Mais tout autant pour se focaliser d'avantage sur le professionnalisme que le côté humain. Il était pertinnement bien placé pour le savoir, lui que bien peu appréciaient malgré son travail exemplaire.
Ecoutant toujours attentivement la Sorcière, un fin sourire entre amusement et mélancolie étira les fines lèvres du Rosenhirsh avant de disparaître lorsqu'il tira sur le stick de la cigarette. Incompatibilité de caractère... Il se souvenait parfaitement des difficultés qu'ils avaient tous deux eux lorsque leur duo avait été formé. A quel point ils s'étaient tiré dans les pattes. Snobés. Regardés de haut. Personne n'aurait put imaginer dans leurs débuts qu'ils formeraient une équipe aussi soudée et efficace. Qu'ils finiraient par devenir amis. Lui qui avait depuis longtemps refusé de laisser entrer qui que ce soit dans le cercle restreint de sa vie personnelle, qui mettait tant d'ardeur à son professionnalisme, ses séparations.

Une remarque sarcastique l'effleura alors qu'il se souvenait parfaitement du caractère si sauvage et arrogant, très froid et solide à sa manière de la Fraser. Mais il n'avait jamais été de ceux qui coupaient qui que ce soit dans leur élan. Il la laissa s'exprimer.

Apprécia brièvement le "il n'est pas toi" mais ne commenta pas. Il n'en avait pas le droit, il avait volontairement perdu cette place.

Avant de froncer les sourcils en passant aux auto-accusations de la Sorcière, sa propre incapacité à soi-disant travailler en binome. Pour finir par essayer de noyer le sujet.

"Mère doit encore être occupée, il y aura trop de monde."

Répliqua t-il doucement. Et si le sous-entendu principal était limpide - malgré son état d'esprit stable et sa bonne humeur, il ne supporterait pas la présence d'autant de personnes dans un espace si clos - le deuxième était plus discret. Il ne souhaitait pas laisser Célène sans réponse, sans aide.

"Tu as raison. Mais uniquement là où tu penses avoir tort."

Nicholaus laissa sa main apprécier le grain velouté du fauteuil, son regard perdu au loin. Sa voix était calme, neutre mais agréablement chaude malgré tout.

"Tes excellentes compétences se retournent contre toi, ta volonté de fer t'emprisonne et force à la solitude."

Il la sentit se crisper, chercher à trouver un moyen d'esquiver ses mots sans violence, discrètement. Il sourit doucement, il connaissait ses techniques, connaissait son souffle très légèrement saccadé. Mais elle savait qu'il ne la jugeait pas, il ne faisait qu’énoncer, analyser à sa façon, peut-être un peu trop maladroite.

"Donnes-lui le droit de ne pas être moi. Rien ne te force à en faire un ami, mais ne te crée pas toi-même tes propres murailles, il est bien trop difficile de défaire ce que nous avons nous même créé. Chacun est à la fois son meilleur et pire bâtisseur."

Célène était une excellente Langue-de-Plomb. Et si elle excellait d'autant plus dans ses missions solos, il avait bien assez travaillé avec elle pour connaître ses compétences en duo, savoir qu'elle en avait la force. Seule sa volonté la brisait elle-même.

"Et puis, ne suis-je pas "le pire Oubliator aussi froid et borné qu'une tour d'Azkaban qu'il existe dans le monde Sorcier"? Si tu as réussis à travailler et t'entendre avec un tel cas, tu peux le faire avec n'importe qui. Ou alors aurais-je été floué?"

Son ton sérieux s'était fait quelque peu plus amusé alors qu'il venait de réutiliser une réplique que la Langue de Plomb lui avait lancé avec hargne il y avait bien des années, lorsque chaque échange semblait devoir finir plus mal que le précédent et que même Athenya avait contacté Areson pour en discuter. Nicholaus avait souvent une mémoire dérangement exacte.

Et il avait maladroitement tenté de tourner la chose avec un zeste d'humour, celui qu'il avait encore un peu parfois en ces instants, afin d'adoucir ses propos qui pouvaient passer pour trop intrusifs ou moralisateurs. Mais il avait eu besoin de secouer un peu plus la jeune femme qu'avec ses habituelles répliques incompréhensibles, de s'impliquer un peu plus en espérant l'aider. De lui montrer qu'elle était bien plus que ce qu'elle se forçait à être.

Mais c'était à elle d'ouvrir les yeux.
Il avait dit ce qu'il avait à dire, le reste ne tenait qu'à elle. Bien sûr, si elle avait besoin de conseil ou d'une oreille attentive, il serait présent, la guidant autant qu'il pourrait, même s'il était toujours bien plus perspicace concernant ce qui avait lien avec la profession que le personnel.

Respectant l'état d'esprit de la née-moldue, Nicholaus changea de sujet, laissant ce thème disparaître doucement.

"Mutter va certainement souhaiter t'inviter à manger, il me semble qu'un Schupfnudel en sauce est prévu."

Il hésita, posa son regard trop bleu sur sa voisine. Depuis qu'ils se connaissaient, la Sorcière avait en tout et pour tout mangé trois fois chez les Rosenhirsh. Autant par un manque de temps que d'autres raisons que chacun possédaient, plus ou moins explicitées.

"Le temps est une perception bien trop peu fiable. Je comprendrais que tu aies besoin de l'utiliser de façon plus pertinente, tu m'en as déja bien trop fait profiter. Mais mes parents seraient ravis, tout comme moi évidemment."

Il tira doucement sur sa cigarette, laissant Célène formuler sa réponse. Quelle qu'elle soit, il la respecterait et la comprendrait, ne lui porterait nullement rigueur.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Mer 18 Déc - 22:04

Que Nicholaus refuse sa proposition au vu de la foule qui peuplait l’auditorium, la jeune femme s’y était préparée. D’ailleurs, rester ici quelques temps de plus ne lui posait guère de problème. Elle n’était décidément pas des plus à son aise dans cette tenue, tellement loin de celles qu’elle portait habituellement et qui lui permettaient de se fondre dans le décor aussi discrètement qu’une vieille tapisserie. Terne. Invisible.

Sauf que son ami décida soudain que la robe ne suffisait pas à attirer la lumière sur elle. D’accord, c’était bien elle qui avait lancé le sujet. Laissé échapper ces quelques mots de trop concernant son partenaire. Néanmoins, elle ne pensait pas qu’il rebondirait là-dessus. Qu’il respecterait son désir de passer à un autre sujet moins délicat. Déjà que cela avait été toute une affaire de conscience de prononcer ces quelques phrases …

Venant de tout autre que lui, il est fort probable que ce genre d’indolences aurait coûté au malheureux fort cher. Quelques répliques assassines en plus d’un regard aussi noir et froid que la mort. Voire peut-être même additionnés du petit coup de fauche allant avec le costume, pourquoi pas.

Mais comme, justement, il s’agissait de Nicholaus, Célène se garda bien de toute expression de mauvaise manière. D’abord parce qu’elle avait parfaitement conscience qu’il ne discourait pas ainsi dans l’intention de lui nuire ou par manque de considération. Ensuite, pour la bonne raison qu’il était l’une des rares personnes qu’elle écoutait quand il fallait s’aventurer sur le terrain tortueux de la remise en question.

Statut qu’il n’avait pas acquis gracieusement, cela va sans dire. Après avoir contenu son orgueil dans son souffle rapide, elle ne chercha pas à réprimer le sourire qui lui vint aux lèvres lorsqu’il lui rappela le charmant qualificatif dont elle l’avait affligé un jour où une discussion stérile les avait opposés. Si la Langue-de-Plomb avait eu du mal à s’accoutumer à son étrange binôme, on ne pouvait pas dire qu’il avait hérité de l’élève la plus malléable. Fière, bornée, droite comme la justice et aussi obtuse que lui, les étincelles avaient longuement crépitées entre eux avant qu’elle ne consente à y mettre du sien. Et un peu de plomb dans sa tête de mule écossaise.


« Je ne sais pas si tu as été floué ou si, justement, j’ai rempli mon quota à tes côtés, quoi qu’il en soit, je songerai à le considérer d’une manière … Différente. » répondit-elle finalement, un sourire dans la voix tandis qu’elle effleurait gentiment son bras. « Merci de t’en être préoccupé. »


La sincérité était palpable autant dans sa voix que dans l’étreinte brève qu’elle venait de lui offrir. Malgré sa prévenance à son égard, elle se doutait qu’il n’avait dû être évident pour lui d’énoncer ses vérités. Il n’était pas quelqu’un d’intrusif et encore moins le genre père la morale. Aussi appréciait-elle, quand bien même cela l’avait touché plus profondément qu’elle ne voulait se l’avouer pour le moment, qu’il soit passé outre ses appréhensions pour les lui confier. Sans se douter de la culpabilité qui le rongeait.


"Mutter va certainement souhaiter t'inviter à manger, il me semble qu'un Schupfnudel en sauce est prévu."


Son sourire s’évanouit face à cette nouvelle proposition. C’était tentant. Très tentant même. Depuis combien de temps n’avait-elle pas partagé un repas autour d’une table en agréable compagnie ? Ou plutôt, depuis combien de temps ne se nourrissait-elle pas nourrie presque exclusivement de plats tout prêts ou de sandwich sur le pouce ? Le dernier devait remonter à la fois où elle s’était rendue chez ses parents à Ullapool. Soit une éternité. Et pas sûre que, vue l’ambiance, on puisse qualifier leur réunion familiale de sereine.

Seulement, le temps - oui, cette entité insaisissable à laquelle son ami venait de faire allusion tandis qu’il ajoutait à son invitation quelques arguments aussi compréhensifs que culpabilisant - le temps lui manquait cruellement.


« J’en serais ravie, comme tu t’en doutes … » commença-t-elle, tiraillée. « … Malheureusement, je suis attendue ailleurs. »


Elle échappa un soupir de frustration. On ne pouvait pas dire qu’elle transpirait la gaieté par tous les pores, rien que par cette phrase lourde de sens. Rien à voir avec le travail, pourtant. Ca, à la limite, elle aurait pu s’en accommoder. Non, cela concernait plutôt un grand brun aux blagues lourdes et aux compétences en matière de magie assez aléatoires. Elle avait promis à Sirius un entrainement tard ce même soir, profitant d’un de ses rares jours de repos. Encore un qu’elle avait dans le collimateur. Un peu plus et on aurait pu croire qu’elle avait un problème avec les hommes, mais la vérité, c’est qu’elle en avait un avec les êtres vivants de manière générale.


« Mais pour me faire pardonner, je te propose de te rendre visite, disons … Dans dix jours ? Le vingt-cinq ? A 17h ? J’aurai toute une fin d’après-midi libre pour toi et une large marge pour que nous puissions discuter tranquillement. »


Un petit coup d’œil vers les rideaux immobiles. Le sorcier semblait relativement détendu et personne n’était venu les déranger depuis le pauvre employé. Pour autant, ils n’étaient pas à l’abri d’une nouvelle interruption, aussi savait-elle leur échange plus superficiel qu’il le serait au domicile du Rosenhirsh. En plus de permettre à la jeune femme de lui prouver l’intérêt qu’elle lui portait, annihilant toute potentielle attitude de manque d’égard envers lui. Soit le rassurer lui, mais elle également.

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MessageSujet: Re: La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]   Mer 15 Jan - 17:38




Célène  - Nicholaus


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Début Septembre 1978

Grand Auditorium du Barde Aloysius

Acquiesçant doucement du chef, un sourire calme reposant sur ses lèvres, Nicholaus ne jugea guère utile de rajouter quoi que ce soit. Il avait dit ce qu'il pensait nécessaire, choisissant pour une fois de sortir de sa neutralité habituelle, c'était maintenant à Célène de parcourir elle-même son chemin, d'en voir les pierres et les panneaux indicateurs. Il n'était pas là pour la juger, bien au contraire.

Le changement de sujet se fit donc aussi naturellement qu'il en avait l'habitude, sereinement.

Profiter un peu plus de la présence de la jeune femme aurait été agréable, comme cela aurait énormément fait plaisir à la mère du Rosenhirsh. L'Allemande appréciait énormément la Langue-de-plomb, et même sans forcément tout savoir des activités de cette dernière, avait toujours un sourire ou une parole douce concernant Célène, s'enquérant fort souvent de ses nouvelles. Mais tout comme elle ne se formalisait plus des comportement étranges de son propre fils, elle connaissait assez la jeune femme pour ne pas lui porter rigueur du refus qu'elle venait de prononcer. Pas plus que Nicholaus ne le lui reprocherait lui-même.

Si Célène avait autre chose à faire, quelque ce soit, même si ce n'était que de l'ordre du simple manque d'envie, il l'acceptait.

"Chacun est toujours attendu là où se trouve sa place, je comprend."

Lui murmura t-il d'une voix confiante et sans l'ombre d'une culpabilisation. Ressentant malgré tout la gène manifeste de son ancienne collègue.

"Vater sera ravit de pouvoir se resservir davantage, chacun trouve son avantage à chaque déplacement de pièce."

Une petite pointe d'humour sur l'appétit de son géniteur, en particularité concernant la cuisine de son pays d'origine. Même si le Sorcier en question était fort loin d'être un gros mangeur, bien plus taillé en finesse qu'autre chose, mais c'était un gourmand ponctuel.

Et le but était simplement de converser un peu, d'étirer malgré tout ce bon moment musical partagé avec Célène, ne pas laisser trop d'ombres les envahir et en éteindre les lueurs lumineuses. Ne pas penser qu'ils risquaient de ne pas se croiser avant longtemps, dans un temps à la fois trop rapide pour leurs vies et figé à sa façon, toujours le même, toujours aussi complexe et embourbé.

« Mais pour me faire pardonner, je te propose de te rendre visite, disons … Dans dix jours ? Le vingt-cinq ? A 17h ? J’aurai toute une fin d’après-midi libre pour toi et une large marge pour que nous puissions discuter tranquillement. »

La proposition de la jeune femme sembla faire doucement écho aux pensées du Blond qui se surprit à sourire davantage au lieu de s'interroger sur l'étrangeté de la coïncidence, à s'imaginer passer un peu plus de temps avec elle, à apprécier sa présence comme un calme halo dans sa propre existence.

Assurément.

Il plissa légèrement les paupières, en pleine réflexion.

"Hum... Tu es certainement toujours une excellente prédatrice de pâtisseries à l'alliance de pommes et caramel. Je me chargerai d'avoir de quoi faire pour la bonne cause, cela suffira à combler ce pardon que tu n'as nul besoin de rechercher."

Et se mettre à la cuisine était toujours un plaisir pour le Rosenhirsh, un autre art qui demandait à la fois précision et une pincée pourtant de liberté pour en faire ressortir tout son panel.

Faisait disparaitre son mégot d'un mouvement de baguette, d'un autre il débarrassa les lieux de toute trace résiduelle de l'importune cigarette -odeur, cendres..- Nicholaus lui précisa bien sûr sa pensée, se souvenant avec quelle voracité la jeune langue de plomb de l'époque avait découvert certaines pâtisserie lors de l'une de leur mission, une des rares fois où l'Oubliator était sorti de son carcan rigide et froid pour tout simplement rire. Depuis, ils avaient plus d'une fois partagé d'autres gâteaux, ces gourmandises qui pouvaient se manger sur le pouce, ne requérant que peu de temps, de contexte ou de paroles.

Un élément stable de son passé, de leur histoire, une nostalgie subtile mais qu'on ne pouvait considérer réellement comme un mur forçant à vivre dans le passé.

Petit à petit, les deux sorciers conversèrent, à leur façon, peu, effleurant parfois l'important, discutant davantage de futilités qui finalement, avaient bien plus d'importance que le fond de choses.

Nicholaus prit avec plaisir le temps d'approfondir certaines remarques musicales.

Avant que le temps lui semble adéquat. Pour accéder à une autre requête passée de la jeune femme. Les lieux étaient presque vides, presque silencieux du publique disparu, assez pour que les silhouettes ne soient plus malgré l'atmosphère qui dénotait encore de leur ancienne présence.

Un peu plus crispé, le dos à nouveau bien droit et son regard trop bleu légèrement plissé, il se débarrassa des enchantements placés plus tôt, s'assurant des prochains pas, des prochains tapis de velours.

"Mutter sera ravie d'apprécier l'actualité de ta présence. Acceptes-tu de m'y accompagner?"

Si la question pouvait sembler répétitive alors que Célène avait déjà proposé cela plus tôt, le mouvement léger de bras de Nicholaus illustrait ces quelques propos. Il lui demandait de lui servir de guide dans les couloirs, acceptait de lui faire assez confiance pour délaisser sa baguette au profit de la jeune femme.

Chose qu'elle accepta évidement, bien que se doutant que le Sorcier devait parfaitement connaître les lieux pour oser agir ainsi, mais le geste ne manqua pas de la toucher. Même si aucun des deux ne le releva oralement. certaines choses se brisaient sous les paroles.


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Le véritable cauchemar n'est jamais celui auquel on croit, se terrant dans chaque angle, chaque chuchotement de trop, chaque souffle saccadé qui nous échappe. Il est là pour vous rappeler que finalement, vous n'appartenez à aucun monde. Seul le Destin à le pouvoir du véritable choix.

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La musique délie les langues, n'autorise aucun aveuglement. [Nicholaus]

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